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Le front sud-yéménite bascule, les forces loyalistes reprennent l’initiative

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Après une offensive séparatiste éclair en décembre, les troupes alignées sur Riyad ont engagé une contre-offensive significative dans les provinces pétrolières du sud, marquant un tournant dans les équilibres locaux et exposant les dissensions au sein de la coalition anti-houthiste.

Les forces armées fidèles au gouvernement yéménite reconnu internationalement ont enregistré des avancées substantielles ce samedi dans la province d’Hadramout. Selon des sources militaires, elles se sont emparées de la principale base d’al-Mukalla, la capitale provinciale, ainsi que de l’aéroport et de bâtiments administratifs clés à Seyoun, une localité située plus au nord-ouest. Ces mouvements interviennent en réaction à la prise de contrôle, le mois dernier, de vastes territoires par les séparatistes du Conseil de transition du Sud, soutenus par les Émirats arabes unis.

L’opération militaire s’est déroulée apparemment sans opposition majeure, selon des témoignages recueillis sur place qui font état de tirs sporadiques. Un responsable militaire du STC a reconnu un « retrait complet » de certaines positions autour d’al-Khasha, attribué à la pression des frappes aériennes de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite. Ces frappes, menées la veille, avaient causé la mort d’une vingtaine de combattants séparatistes, constituant les premières pertes directes infligées par la coalition depuis l’expansion territoriale du STC.

Cette reprise en main militaire s’accompagne d’une offensive diplomatique de Riyad, qui a convié « toutes les factions du sud » à une table de discussions dans la capitale saoudienne. L’objectif affiché est de trouver une issue politique aux affrontements récents et de répondre aux « aspirations légitimes » des populations méridionales. De leur côté, les Émirats arabes unis, après le retrait annoncé de leurs dernières troupes du territoire yéménite, ont appelé les parties yéménites à régler leurs différends par la négociation.

La situation actuelle révèle et accentue les fractures au sein de l’alliance qui combattait jusqu’alors les rebelles houthis. Le STC, bien que membre formel du gouvernement yéménite, poursuit un agenda autonomiste affirmé, son président ayant même évoqué un processus de deux ans pour établir un État indépendant dans le sud. Ces développements risquent de complexifier davantage le conflit yéménite, où une trêve précaire est globalement maintenue dans la guerre contre les Houthis, mais où les lignes de fracture internes au camp gouvernemental viennent de se rouvrir de manière spectaculaire.

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