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Économie

Le détroit d’Ormuz, une artère mondiale paralysée

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Le verrouillage de ce passage stratégique par Téhéran a réduit à un filet le trafic maritime. Seuls quelques navires, principalement iraniens, parviennent à s’y faufiler, sous le contrôle étroit des Gardiens de la révolution.

La circulation commerciale dans le détroit d’Ormuz est aujourd’hui réduite à sa plus simple expression. Depuis l’instauration du blocus par les forces iraniennes, le nombre de traversées de cargos et de pétroliers a chuté de manière vertigineuse. Les données recueillies sur les trois premières semaines de mars font état d’à peine 138 passages, un chiffre qui représente une contraction de 95% par rapport à une situation normale. La quasi-totalité de cette activité résiduelle est le fait de navires battant pavillon iranien ou liés à l’Iran.

Parmi les rares bâtiments à avoir emprunté ce corridor de 167 kilomètres, les pétroliers chargés dominent, la plupart se dirigeant vers l’est. Les observateurs notent toutefois une légère évolution récente avec l’apparition de quelques méthaniers. La situation reste extrêmement tendue et le trafic, selon les termes des spécialistes, est « fortement perturbé ». Le contrôle iranien sur cette voie d’eau, par laquelle transite habituellement un cinquième des approvisionnements mondiaux en hydrocarbures, est total.

Une route maritime alternative, contournant l’île iranienne de Larak, semble avoir été mise en place pour certains convois. Cette voie, présentée comme ayant reçu l’aval de Téhéran, aurait été utilisée par une poignée de navires ces derniers jours. Son utilisation impliquerait des consultations directes entre les autorités iraniennes et certains gouvernements asiatiques pour coordonner les mouvements. Le fait que des pétroliers non iraniens aient laissé leurs transpondeurs de localisation activés en l’empruntant est considéré comme un signe de cette coordination officieuse.

L’analyse des pavillons révèle une composition très particulière du trafic actuel. Outre les navires iraniens, qui constituent l’écrasante majorité, on note la présence de bâtiments grecs et chinois. Une part significative des unités qui parviennent à passer sont par ailleurs soumises à des sanctions internationales, appartenant souvent à ce que les experts appellent des « flottes parallèles ». Ces navires, spécialisés dans le transport d’hydrocarbures iraniens, sont désormais les principaux acteurs de cette navigation à haut risque.

Les destinations finales du pétrole qui s’écoule encore confirment le réorientation des flux vers l’Asie. La Chine apparaît comme le principal destinataire. Les analystes estiment que la quasi-totalité du trafic pétrolier encore observable est d’origine iranienne, avec des volumes avoisinant 1,3 million de barils par jour. Malgré cette activité résiduelle, la conclusion des observateurs est sans appel. Le détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce mondial, est dans l’ensemble au point mort.

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