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Économie

Le détroit d’Ormuz, un goulot d’étranglement stratégique sous haute tension

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La paralysie quasi totale de cette artère maritime vitale pour les hydrocarbures affecte de manière disproportionnée les flottes de plusieurs grandes puissances économiques, tandis que Téhéran impose ses conditions de passage.

La quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, consécutive aux hostilités régionales, a provoqué un effondrement spectaculaire du trafic maritime. Les données de suivi indiquent une réduction de plus de 90% des transits par rapport à la normale, transformant cette voie habituellement saturée en un couloir quasi désert. Cette situation perturbe profondément les chaînes d’approvisionnement mondiales, cette route étant cruciale pour l’exportation des hydrocarbures du Golfe.

L’analyse des mouvements récents révèle une géographie particulière des flux résiduels. Les navires liés à l’Iran, aux Émirats arabes unis, à l’Inde, à la Chine et à Oman représentent une part significative des rares traversées enregistrées. Un développement notable a été le passage, jeudi dernier, d’un porte-conteneurs du groupe français CMA CGM, marquant la première incursion connue d’un grand armateur européen depuis l’escalade. Parallèlement, plusieurs bâtiments associés à des intérêts japonais ont également quitté la zone.

La sécurité dans le secteur demeure extrêmement précaire. Les autorités maritimes font état de plusieurs dizaines d’incidents impliquant des navires commerciaux depuis le début du mois, incluant des attaques et des abordages. Ces événements ont malheureusement causé la perte de vies humaines parmi les équipages et le personnel portuaire, selon les organisations internationales compétentes.

Un élément structurant émerge clairement de l’observation du trafic. Téhéran semble exercer un contrôle étroit sur la navigation, en canalisant les navires autorisés à transiter via un corridor spécifique longeant ses côtes, au large de l’île de Larak. Ce trajet, qualifié par certains observateurs de « péage de Téhéran », serait conditionné à des autorisations, obtenues parfois moyennant finance ou par le biais de canaux diplomatiques. Les Gardiens de la révolution iraniens affirment que cette route est interdite aux navires desservant les ports de pays considérés comme hostiles.

Cette configuration explique en partie la composition actuelle du trafic. Une analyse indique qu’une proportion importante, près de la moitié, des traversées effectuées depuis le début des tensions implique des navires ou des entités déjà visés par des régimes de sanctions occidentales. Cette proportion s’élève même aux deux tiers pour le seul segment des pétroliers et des méthaniers. Parallèlement, des centaines de navires, dont de nombreux géants des hydrocarbures, restent immobilisés plus à l’ouest dans le Golfe, dans l’attente d’une évolution de la situation.

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