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Le cinéaste Christophe Ruggia risque trois ans d’emprisonnement ferme en appel

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_**Le parquet a requis une peine sévère à l’encontre du réalisateur, poursuivi pour des faits survenus lorsque l’actrice Adèle Haenel était mineure. L’audience a été marquée par le témoignage de la comédienne, décrivant des séquelles psychologiques durables.**_

L’avocat général a demandé à la cour d’appel de Paris de prononcer une peine de cinq années d’emprisonnement, dont trois sans aménagement, à l’encontre du metteur en scène Christophe Ruggia. Le magistrat a estimé nécessaire que le prévenu, âgé de soixante et un ans, connaisse une incarcération effective. Le réalisateur avait été condamné en première instance à une peine de quatre ans de prison, dont deux assortis du bracelet électronique. Il avait fait appel de cette décision.

L’affaire concerne des agissements sexuels reprochés au cinéaste sur une période courant de 2001 à 2004. À l’époque, Adèle Haenel, aujourd’hui âgée de trente-six ans, avait entre douze et quatorze ans. Les faits se seraient produits lors de rencontres régulières au domicile du réalisateur, dans le prolongement du tournage du film « Les Diables », où il lui avait confié son premier rôle.

L’audience de vendredi a été marquée par la déposition de l’actrice, doublement récompensée par un César. D’une voix souvent hésitante, entrecoupée de silences, elle a décrit devant la cour un traumatisme profond et persistant. Elle a évoqué un sentiment de honte et la difficulté à se construire après ces événements. « J’ai l’impression d’avoir une image de moi complètement détruite depuis l’âge de douze ans », a-t-elle déclaré, précisant que cette expérience avait inauguré un état dépressif durable.

Son témoignage a mis en lumière les mécanismes de défense psychologique souvent observés chez les victimes mineures, comme la tendance à minimiser les faits pour en atténuer l’impact. Elle a également décrit des séquelles physiques, évoquant des gestes compulsifs qu’elle relie directement aux agissements du réalisateur. Sa plaidoirie a insisté sur la nécessité de circonscrire la responsabilité à l’auteur des faits, rejetant toute tentative de renverser la charge de la culpabilité.

La défense de Christophe Ruggia, qui conteste fermement les accusations depuis la révélation de l’affaire par Mediapart en 2019, a été vivement critiquée par la partie civile. L’avocat général a pour sa part tenu à replacer ce dossier dans un cadre plus large, au-delà du milieu cinématographique. Il a souligné que les ressorts de l’affaire étaient ceux, malheureusement classiques, des abus commis par un adulte en position d’autorité sur un enfant, évoquant des parallèles avec d’autres sphères éducatives ou de loisirs.

Le procès en appel s’est déroulé par intermittence depuis le mois de décembre. Le réalisateur avait été interrogé lors d’une précédente audience. Le délibéré de la cour d’appel est désormais attendu.

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