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Le camp d’Al-Hol se vide, le sort des familles de jihadistes étrangers reste inconnu

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Après le retrait des forces kurdes et l’arrivée de l’armée syrienne, la section réservée aux proches de combattants de l’État islamique apparaît désormais quasi déserte, selon plusieurs témoignages.

La vaste majorité des femmes et enfants étrangers liés à des membres de l’organisation État islamique, détenus jusqu’alors dans le camp d’Al-Hol dans le nord-est de la Syrie, ont quitté les lieux. Cette évacuation fait suite au retrait des Forces démocratiques syriennes, dominées par les Kurdes, et à la prise de contrôle du site par l’armée gouvernementale. Le camp, qui abritait près de vingt-quatre mille personnes, comptait une section sécurisée, l’Annexe, où résidaient environ six mille trois cents ressortissants de diverses nationalités.

Les sources sur place indiquent que seules une vingtaine de familles seraient encore présentes dans cette enceinte, désormais décrite comme vide. Les occupants, originaires de plus de quarante pays, incluaient un nombre important de ressortissants russes, caucasiens et d’Asie centrale, dont les États refusent généralement le rapatriement. Leur disparition soulève des interrogations quant à leur destination et aux conditions de leur transfert.

Des témoins affirment avoir observé des convois de véhicules évacuant des femmes portant le voile intégral peu après l’arrivée des troupes loyalistes. Les autorités syriennes, qui ont placé le camp sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères, n’ont pas fourni d’explications officielles, se contentant d’annoncer un recensement en cours. Une source administrative a imputé la responsabilité de cette situation aux forces kurdes, accusées d’avoir quitté les lieux sans procédure de passation formelle.

Selon des informations concordantes, une partie des familles se serait intégrée à d’autres sections du camp, habitées par des Syriens et des Irakiens, elles aussi partiellement vidées de leurs occupants. D’autres auraient été transférées de manière discrète vers la province d’Idleb, dans le nord-ouest du pays, un bastion historique de groupes insurgés et jihadistes. Des images vidéo montrent des artères habituellement animées du camp aujourd’hui désertes.

Parallèlement, les États-Unis ont engagé un vaste mouvement de transfert de détenus vers l’Irak voisin, afin de prévenir toute évasion et de limiter le risque de renforcement des rangs de l’EI, toujours actif dans la région. Plus de quatre mille cinq cents prisonniers ont déjà été déplacés, sur un objectif de sept mille. Les forces kurdes conservent quant à elles le contrôle du camp de Roj, plus petit, où sont détenus plusieurs milliers de proches de jihadistes, dont des ressortissants occidentaux.

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