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L’avenir des orques de Marineland suspendu à la vétusté de leurs bassins

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Une expertise commanditée par Sea Shepherd révèle l’état de dégradation avancé des installations du parc fermé d’Antibes, tandis que les autorités doivent se prononcer sur le sort des cétacés.

Un document d’expertise, dont l’AFP a pris connaissance, dresse un constat préoccupant sur les conditions de vie des derniers cétacés du Marineland d’Antibes. Les conclusions de ce rapport, rédigé par deux vétérinaires à la demande de l’ONG Sea Shepherd, interviennent à la veille d’une réunion cruciale organisée par le ministère de la Transition écologique avec l’ensemble des acteurs concernés.

Les experts estiment que l’état de santé des deux orques et des douze dauphins encore présents sur le site, fermé au public depuis plus d’une année, permettrait aussi bien leur maintien sur place qu’un éventuel transfert. Leur analyse se focalise cependant sur la structure même qui les abrite. Le complexe de bassins hébergeant les orques Wikie et Keijo, construit il y a plus de deux décennies, présenterait une « dégradation structurelle avancée ».

Si des travaux d’entretien ont permis de maintenir ces installations en état de fonctionnement, leur fragilité sous-jacente serait désormais patente. Les spécialistes pointent un risque d’effondrement généralisé, susceptible de survenir à tout moment. Face à un tel scénario, l’absence d’équipements et de personnel spécialisés en permanence sur le site rendrait impossible une évacuation d’urgence des mammifères marins. Dans ces conditions, l’euthanasie des animaux constituerait la seule issue.

Le rapport souligne par ailleurs un autre facteur de préoccupation, lié au bien-être des orques. Ces cétacés, dont la nature sociale exige la vie en groupe, ne sont plus que deux depuis le décès d’Inouk en 2023. Cette situation ne respecterait plus l’ancienne réglementation, antérieure à la loi de 2021 interdisant à terme la captivité des cétacés, qui exigeait la présence d’au moins trois individus.

La direction du parc plaide depuis des mois pour un transfert des orques vers un autre établissement. Les tentatives de relocalisation vers le Japon, puis vers un parc aux îles Canaries, se sont heurtées à des refus des autorités compétentes. Une piste évoquée récemment par le ministre chargé des Collectivités territoriales, Mathieu Lefèvre, envisage un sanctuaire marin en Nouvelle-Écosse. Ce projet, encore à l’état de conception, nécessiterait une longue préparation des animaux, nés en captivité, à une vie en semi-liberté dans les eaux canadiennes.

Concernant les douze dauphins, l’expertise se montre plus rassurante. Leur groupe est jugé suffisant et leurs bassins en état correct, ce qui permettrait leur maintien à Antibes. Cette conclusion pourrait conforter le projet de les accueillir au ZooParc de Beauval, une initiative qui continue de susciter l’opposition de plusieurs associations de protection animale. La décision finale revient désormais aux pouvoirs publics, qui doivent arbitrer entre impératifs de sécurité, bien-être animal et faisabilité technique.

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