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Économie

L’avenir de 1 600 emplois suspendu aux décisions judiciaires

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Le sort du groupe ACI, spécialisé dans la reprise d’entreprises industrielles, se joue cette semaine devant le tribunal de Lyon, tandis qu’une enquête pénale vient compliquer la situation.

La holding ACI Group, qui contrôle une quarantaine de sites industriels employant environ 1 600 personnes, comparaît depuis mardi devant le tribunal des activités économiques de Lyon. Cette audience survient moins de trois mois après le placement en redressement judiciaire de cette structure connue pour ses reprises successives d’entreprises en difficulté. Le dossier attire également l’attention du parquet de Lyon, où une enquête pénale a été ouverte suite à plusieurs plaintes, dont une visant personnellement Philippe Rivière, fondateur et actionnaire majoritaire du groupe.

L’intéressé, privé de ses fonctions dirigeantes depuis le dépôt de bilan, n’a pas souhaité s’exprimer devant la presse. Son entourage affirme qu’il se concentre sur la préparation d’un plan de sauvetage. L’un de ses avocats a toutefois laissé entendre que des solutions de financement seraient présentées pour éviter la liquidation judiciaire.

La trajectoire d’ACI Group interroge par sa rapidité. Créée en 2019, la holding a multiplié les acquisitions dans des secteurs sensibles comme la défense, l’aéronautique et le nucléaire civil. Cette stratégie de croissance accélérée avait d’ailleurs été qualifiée de « boulimique » par M. Rivière lui-même lors d’un salon professionnel en mars, reconnaissant qu’elle pouvait susciter des réticences dans les milieux financiers.

La situation a conduit le ministère de l’Économie à commander un audit approfondi. Le ministre Roland Lescure a souligné la nécessité d’examiner attentivement les circonstances ayant mené au redressement judiciaire. Bercy affirme travailler avec les administrateurs judiciaires à la recherche de solutions pour maintenir l’activité sur le maximum de sites, tout en précisant que l’ancien dirigeant n’est plus associé à ces réflexions.

La CGT Métallurgie, qui a organisé un rassemblement devant le tribunal, dénonce des pratiques financières préoccupantes et des retards de salaire dans plusieurs entreprises du groupe. L’organisation syndicale évoque un possible « scandale d’État », pointant du doigt l’utilisation de fonds publics sans contrôle suffisant. Une douzaine de filiales ont déjà été placées en redressement ou liquidation ces dernières semaines, tandis que l’État promet d’examiner chaque situation au cas par cas pour trouver des repreneurs potentiels.

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