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L’ancien directeur de la DGSE condamné pour des méthodes d’État illégales

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_**Un tribunal correctionnel a sanctionné Bernard Bajolet pour son rôle dans une opération de pression contre un homme d’affaires, mettant en lumière des pratiques contraires à l’État de droit.**_

L’ancien directeur général de la sécurité extérieure, Bernard Bajolet, a été reconnu coupable de complicité de tentative d’extorsion et d’atteinte arbitraire à la liberté individuelle. Le tribunal correctionnel de Bobigny lui a infligé une peine d’un an d’emprisonnement avec sursis. Cette condamnation, plus sévère que les réquisitions du parquet, clôt une procédure judiciaire de dix ans. En raison de ses états de service, la condamnation ne figurera pas à son casier judiciaire.

Les faits jugés remontent à mars 2016. À cette date, l’homme d’affaires franco-suisse Alain Dumenil a été intercepté à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Conduit dans une salle, il s’est retrouvé face à deux agents non identifiés de la DGSE. Ces derniers lui ont intimé l’ordre de rembourser quinze millions d’euros à l’État français, l’accusant d’avoir lésé les services secrets lors d’opérations financières antérieures. Des menaces, accompagnées de la présentation de photographies de ses proches, ont été proférées.

Lors de son procès, Bernard Bajolet a concédé avoir autorisé une rencontre, mais en niant avoir envisagé qu’elle puisse revêtir un caractère coercitif. Il a toutefois admis que les événements ne s’étaient pas déroulés conformément aux attentes. La cour a estimé que des agents ne pouvaient agir de manière autonome sur un dossier aussi sensible et a relevé que l’ancien directeur n’avait signalé ni les faits à la justice, ni engagé de poursuites disciplinaires à l’encontre de ses subordonnés.

Le tribunal a assorti sa décision d’une condamnation à verser vingt-cinq mille euros à la partie civile, dont une part destinée à réparer les préjudices subis. L’avocat d’Alain Dumenil a salué un jugement qui établit, selon lui, la possibilité pour la justice de déterminer des responsabilités, y compris dans des affaires touchant aux sphères les plus sensibles de l’État.

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