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L’ancien chef du gouvernement norvégien visé par une enquête pour corruption

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Les autorités judiciaires norvégiennes ont procédé à des perquisitions au domicile et dans les propriétés de Thorbjørn Jagland. L’ex-Premier ministre est formellement soupçonné dans une affaire liée au financier américain Jeffrey Epstein.

La police financière norvégienne a mené jeudi des opérations de perquisition à Oslo et dans deux autres localités du pays, visant les résidences de l’ancien dirigeant social-démocrate. Ces actions font suite à l’ouverture d’une enquête pour corruption aggravée, liée aux relations qu’il a entretenues avec le délinquant sexuel américain, aujourd’hui décédé.

Les investigations s’appuient sur des documents judiciaires américains récemment divulgués. Ces pièces indiquent que M. Jagland et des membres de sa famille ont été accueillis à plusieurs reprises, entre 2011 et 2018, dans les résidences new-yorkaise, parisienne et floridienne de Jeffrey Epstein. À cette période, l’ancien Premier ministre occupait les fonctions de secrétaire général du Conseil de l’Europe et présidait le comité du prix Nobel de la paix.

Les enquêteurs examinent notamment le financement de certains de ces déplacements. Selon leurs informations, le financier aurait pris en charge les frais de voyage pour au moins un séjour privé impliquant six adultes. Une autre offre de voyage dans les Caraïbes, également pour six personnes, aurait été acceptée par M. Jagland avant d’être annulée pour des raisons extérieures. La police étudie par ailleurs une sollicitation de l’ancien homme d’État auprès d’Epstein pour l’obtention d’un prêt bancaire, sans que la matérialisation de cette demande ne soit établie.

Les autorités judiciaires estiment que, durant ces années, Jeffrey Epstein cherchait activement à exploiter le réseau et la position institutionnelle de son interlocuteur. Des courriels consultés par la presse norvégienne révèlent que le financier a notamment multiplié les demandes pour qu’une rencontre soit organisée avec le président russe Vladimir Poutine.

Interrogé sur ces relations, Thorbjørn Jagland a récemment reconnu, par l’intermédiaire de son conseil, une « erreur de jugement », après les avoir auparavant décrites comme relevant d’une activité diplomatique ordinaire. Son avocat a affirmé que son client, qui conteste toute infraction, souhaitait contribuer à l’élucidation des faits et se présenterait prochainement à un interrogatoire.

Les perquisitions ont été autorisées après la levée, mercredi, de l’immunité dont bénéficiait l’ancien secrétaire général du Conseil de l’Europe. Cette affaire intervient alors que de nombreuses personnalités norvégiennes, dont des membres de la famille royale, apparaissent dans les documents judiciaires américains. La simple mention d’un nom dans ces archives ne préjuge pas d’une culpabilité, mais elle met en lumière des connexions parfois minimisées par les intéressés.

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