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Économie

L’Amérique du Sud passe à l’acte face aux hésitations européennes

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Les parlements uruguayen et argentin ont entériné le vaste pacte commercial avec l’Union européenne, marquant une avancée décisive tandis que Bruxelles peine à surmonter ses divisions internes.

Les législateurs sud-américains ont franchi une étape déterminante en adoptant le texte de l’accord d’association entre l’Union européenne et le Mercosur. L’Uruguay a ouvert la voie jeudi par un vote écrasant à la Chambre des députés, faisant suite à une approbation sénatoriale unanime la veille. Quelques heures plus tard, le Sénat argentin a emboîté le pas avec une majorité tout aussi nette, faisant de ces deux nations les premières à ratifier formellement le traité signé en janvier à Asuncion.

Cette séquence rapide illustre la volonté affichée des pays du bloc sud-américain de conclure un processus de négociations entamé il y a un quart de siècle. Le Brésil, où les députés ont déjà approuvé le texte, attend désormais le débat sénatorial. Au Paraguay, l’examen parlementaire devrait intervenir prochainement après la reprise des travaux législatifs.

L’accord vise à instaurer l’une des plus vastes zones de libre-échange de la planète, couvrant près d’un tiers du produit intérieur brut mondial et touchant plus de sept cents millions de consommateurs. Il prévoit une suppression progressive des droits de douane sur l’immense majorité des échanges, ouvrant de nouveaux débouchés aux produits industriels et agroalimentaires européens tout en facilitant l’accès au marché communautaire pour plusieurs productions agricoles sud-américaines.

Cette perspective suscite cependant de vives inquiétudes au sein de l’Union européenne, où de nombreux agriculteurs redoutent une concurrence accrue. Le Parlement européen a d’ailleurs saisi la Cour de justice de l’Union pour qu’elle vérifie la conformité du texte avec les traités fondateurs. Cette procédure, perçue comme un revers pour la Commission européenne, gèle formellement le calendrier de ratification pour une période pouvant atteindre dix-huit mois. Certains États membres, à l’instar de l’Allemagne et de l’Espagne, plaident pour une application provisoire du pacte, tandis que la France y oppose une ferme résistance.

Du côté du Mercosur, les autorités entendent par cette ratification rapide envoyer un message clair à leurs partenaires européens. Le ministre uruguayen des Affaires étrangères a qualifié cette étape d’historique, tout en reconnaissant que la mise en œuvre effective s’annonçait complexe. Des analystes soulignent que cette célérité vise à priver les réticences européennes de tout argument procédural. Pour l’Argentine, cette dynamique s’inscrit dans une stratégie plus large d’ouverture commerciale, le gouvernement actuel poursuivant parallèlement un rapprochement économique avec les États-Unis.

Les partisans de l’accord mettent en avant ses retombées économiques potentielles, évoquant une augmentation significative des exportations et l’élimination tarifaire pour de nombreuses filières. Ils y voient également un levier pour renforcer la compétitivité des économies européennes face à la concurrence internationale. Le débat, désormais tranché en Amérique du Sud, se poursuit donc avec intensité de l’autre côté de l’Atlantique, où les considérations économiques, sociales et environnementales continuent de s’entrechoquer.

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