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L’Afghanistan face à l’exode climatique

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Les aléas météorologiques poussent des milliers d’habitants à quitter leurs terres, confrontés à l’épuisement des ressources et à la désertification.

Dans les campagnes afghanes, des familles entières rassemblent leurs maigres possessions, contraintes à l’abandon de leurs foyers. La sécheresse persistante, entrecoupée de crues soudaines, a rendu impossible la survie des communautés agricoles, pourtant habituées à braver l’adversité. Près de Mazar-e-Sharif, des villages entiers se vident, leurs maisons de terre retournant à la poussière.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Près de cinq millions d’Afghans subissent les conséquences des bouleversements climatiques, tandis que des centaines de milliers ont déjà pris la route. L’agriculture, pilier de l’économie locale, s’effondre sous l’effet conjugué de la raréfaction de l’eau et de l’érosion des sols. Les pâturages se transforment en étendues arides, les arbres fruitiers dépérissent, et les récoltes deviennent un lointain souvenir.

Certains espèrent encore dans les grands travaux hydrauliques, comme le canal de Qosh Tepa, dont la construction tarde à aboutir. D’autres, revenus d’exil au Pakistan ou en Iran, survivent grâce à des emplois précaires en ville. Les prières pour la pluie, organisées par les autorités talibanes, ne suffisent pas à enrayer le phénomène. Pire, lorsque les précipitations surviennent, elles se muent souvent en inondations dévastatrices, emportant maisons et cultures.

Dans la province de Maidan Wardak, des survivants campent sur des lambeaux de terre épargnés par les flots. Leurs récits témoignent d’une rupture inédite avec les cycles naturels autrefois maîtrisés. Sans solution structurelle, ces déplacements massifs risquent de s’amplifier, ajoutant une crise humanitaire à un pays déjà fragilisé par des décennies de conflits. L’Afghanistan, caniculaire un jour, submergé le lendemain, incarne désormais la double peine des populations les plus exposées aux caprices du climat.

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