Politique
L’accord commercial UE-USA suscite une levée de boucliers en France
La classe politique, toutes tendances confondues, fustige un texte jugé déséquilibré, tandis que l’exécutif est accusé de passivité.
L’annonce d’un nouvel accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis a provoqué une onde de choc dans l’Hexagone. Les réactions, quasi unanimes, dénoncent un texte perçu comme une concession unilatérale aux exigences américaines. François Bayrou, Premier ministre, a qualifié cette signature de « jour sombre pour l’Europe », estimant que le Vieux Continent renonçait à défendre ses intérêts.
Au sein même de la majorité présidentielle, les critiques fusent. Pieyre-Alexandre Anglade, député Renaissance et président de la commission des Affaires européennes, a pointé « l’incapacité de la Commission à créer un rapport de force ». Roland Lescure, vice-président de l’Assemblée nationale, a évoqué un « aveu de faiblesse historique », redoutant des conséquences dramatiques pour les entreprises françaises.
L’opposition, de droite comme de gauche, a saisi l’occasion pour tacler l’exécutif. Laurent Wauquiez (LR) a parlé de « racket », tandis que Michel Barnier a déploré des « choix stratégiques incohérents ». À gauche, Manuel Bompard (LFI) a dénoncé une « capitulation », appelant la France à rejeter cet accord. Le Rassemblement national, malgré ses affinités affichées avec Donald Trump, a joint sa voix aux critiques, Jordan Bardella dénonçant une « reddition commerciale ».
Les détracteurs de l’accord soulignent son déséquilibre. Les exportations européennes vers les États-Unis seront soumises à une taxation de 15 %, tandis que l’UE s’engage à des achats massifs d’énergie et à des investissements outre-Atlantique. Certains y voient le signe d’une dépendance accrue de l’Europe vis-à-vis de Washington.
La polémique a également révélé des tensions internes. Clément Beaune, ancien ministre, a accusé le RN de « double jeu » en critiquant un accord promu par un président américain qu’il soutient par ailleurs. Marine Le Pen a rétorqué en visant directement l’exécutif, l’accusant d’avaliser un texte préjudiciable aux intérêts nationaux.
Dans ce climat tendu, Emmanuel Macron, pourtant ardent défenseur d’une ligne ferme face aux États-Unis ces derniers mois, n’avait toujours pas réagi publiquement en début de soirée. Son silence alimente les interrogations sur la position réelle de la France dans ce dossier.
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