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La Trabant, survivante insolite du patrimoine automobile est-allemand

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Symbole de la RDA disparue, cette automobile au design spartiate connaît une étonnante renaissance trente-cinq ans après la réunification allemande.

Malgré ses lignes rudimentaires et son habitacle exigu, la Trabant conserve une place singulière dans le paysage automobile contemporain. Produite entre 1957 et 1991, cette voiture emblématique de l’ex-Allemagne de l’Est connaît aujourd’hui un regain de popularité inattendu. Les chiffres officiels indiquent une progression constante des immatriculations, passant d’environ 33 000 unités en 2010 à près de 41 000 actuellement.

Dans un atelier du Brandebourg, un mécanicien spécialisé témoigne de cet engouement persistant. Sa clientèle rassemble aussi bien d’anciens propriétaires nostalgiques que de jeunes automobilistes en quête d’authenticité. Lui-même possède vingt-trois modèles, dont un véhicule familial ayant parcouru plus de cinq cent mille kilomètres. Pour lui, la Trabant incarne bien plus qu’un simple moyen de transport, elle représente un fragment d’histoire et un symbole de la réunification allemande.

Conçue à l’origine comme une voiture populaire, sa fabrication présentait plusieurs particularités techniques. La carrosserie utilisait un matériau composite à base de fibres végétales et de résine, solution ingénieuse pour pallier le manque d’acier. Son moteur deux temps, bruyant et polluant, lui valut le surnom affectueux de « tondeuse à gazon avec un toit ». Les délais d’attente pour l’acquisition pouvaient alors atteindre quinze ans dans l’Allemagne divisée.

L’effondrement du mur de Berlin en 1989 marqua un tournant. Des milliers d’Allemands de l’Est traversèrent la frontière au volant de leurs Trabant, créant d’impressionnantes files d’attente. Après la réunification, beaucoup abandonnèrent ces véhicules au profit de modèles occidentaux, mais une communauté de passionnés perpétua la tradition.

Aujourd’hui, des entreprises berlinoises proposent des circuits touristiques dans la capitale allemande au volant de ces automobiles historiques. Un employé d’un musée dédié à la marque explique son attachement viscéral à ce véhicule. Selon lui, sa robustesse légendaire et sa mécanique simple en font un objet intemporel. Un adage d’époque résume cet esprit, un marteau, une pince et du fil de fer suffiraient à rejoindre Léningrad au volant d’une Trabant.

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