Nous rejoindre sur les réseaux

Planète

La survie des gorilles des montagnes rwandais menacée par des conflits territoriaux

Article

le

La croissance démographique inédite de cette espèce protégée engendre une compétition intra-espèce dramatique. Près de la moitié des nouveau-nés succombent aux violences des mâles dominants lors d’affrontements pour le contrôle d’un habitat sans cesse réduit.

Au cœur du parc national des Volcans, une situation préoccupante se dessine pour les gorilles de montagne. Le succès des programmes de conservation, qui ont permis de faire passer leur population de 242 individus en 1981 à plus d’un millier aujourd’hui, génère un phénomène inattendu. La densité accrue de groupes within un espace forestier réduit de moitié par l’activité humaine intensifie les rencontres entre clans.

Les conflits entre mâles dominants, communément appelés « dos argentés », se multiplient. Lors de ces confrontations, le vainqueur élimine systématiquement les petits du groupe vaincu en les projetant violemment contre des surfaces dures. Ce comportement, bien que naturel, a causé la mort de près de cinquante pour cent des nouveau-nés au cours de la dernière décennie.

Les autorités rwandaises, conscientes de l’enjeu, ont initié un projet d’agrandissement de l’habitat des primates. Une extension de vingt-trois pour cent est prévue grâce au relogement de plusieurs milliers de familles installées en lisière du massif des Virunga. Cette opération complexe, qui pourrait s’étendre sur plus de dix ans, vise à réduire la promiscuité et à favoriser la survie des jeunes.

Parallèlement, les équipes sur place maintiennent une politique de non-intervention lors des épisodes de violence intergroupes. Seules les maladies d’origine humaine ou les affections graves justifient une action médicale. La présence de groupes armés et les activités illégales dans la région congolaise adjacente compliquent toutefois considérablement les efforts de préservation.

Le tourisme lié à l’observation des gorilles représente une manne financière essentielle pour le Rwanda, avec des recettes avoisinant les deux cents millions de dollars annuels. Cette rente économique confère une importance particulière à la recherche d’un équilibre entre protection active et respect des comportements naturels de l’espèce.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus