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Société

La SNCF confrontée à une controverse sur ses espaces sans enfants

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_**L’entreprise ferroviaire est sommée de s’expliquer après la mise en lumière d’une offre commerciale réservée aux adultes, un choix présenté comme une réponse à la concurrence mais vivement critiqué sur le plan sociétal.**_

La SNCF se trouve au cœur d’un débat public après que la formulation d’une communication promotionnelle a révélé l’existence d’une classe premium interdite aux mineurs. Baptisée Optimum et lancée en janvier en remplacement de l’ancienne Business Première, cette offre est explicitement conçue pour une clientèle professionnelle. Un document interne précisait que les enfants n’y étaient pas acceptés « pour garantir un maximum de confort », une phrase depuis lors retirée et qualifiée de « maladroite » par la direction.

Cette révélation, initialement portée par un podcast spécialisé, a provoqué une levée de boucliers bien au-delà des cercles habituels. Des élus de tous bords politiques ont exprimé leur désapprobation, y voyant un signal négatif envoyé aux familles et une dérive contraire à la mission de service public. Les critiques pointent une contradiction avec les impératifs démographiques nationaux, dans un contexte de baisse historique de la natalité. Pour ses détracteurs, segmenter l’offre sur ce critère revient à normaliser une forme d’exclusion.

En réponse, la SNCF a tenu à rappeler que cette classe ne concernait qu’une minorité de ses places, exclusivement en semaine, et qu’elle existait sous une forme similaire depuis des années. L’entreprise souligne que l’immense majorité de ses trains reste ouverte à tous, avec des tarifs préférentiels et des espaces dédiés aux familles les week-ends et pendant les périodes de vacances. Elle affirme également avoir toujours résisté aux demandes récurrentes de certains voyageurs pour des voitures entières sans enfants.

La polémique intervient à un moment de forte pression concurrentielle sur le marché ferroviaire, où la fidélisation de la clientèle d’affaires représente un enjeu économique crucial. Pour les défenseurs du service public, cette logique commerciale ne saurait justifier une mesure perçue comme discriminatoire. La Haut-commissaire à l’Enfance a d’ailleurs demandé à être reçue par la direction du groupe pour évoquer cette question, plaidant pour que le train reste un espace de vie commun, reflet d’une société accueillante envers les plus jeunes.

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