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La responsabilité de Moscou établie dans l’affaire du Novitchok

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Une enquête britannique conclut à la responsabilité morale du président russe dans la mort d’une civile, survenue après l’empoisonnement d’un ancien espion. Londres réagit par des sanctions diplomatiques.

Les autorités britanniques ont rendu public le rapport d’une enquête indépendante concernant le décès d’une ressortissante survenu en 2018, lié à l’agent neurotoxique Novitchok. Cette affaire trouve son origine dans une opération menée contre un ancien agent double russe résidant au Royaume-Uni. Le document établit que la responsabilité morale de cet événement incombe aux plus hautes sphères de l’État russe.

Dawn Sturgess, âgée de 44 ans, a perdu la vie en juillet 2018 après avoir été exposée à la substance toxique. Cet incident est survenu plusieurs mois après une première attaque au même produit, visant Sergueï Skripal et sa fille à Salisbury. Le couple avait survécu. L’enquête a déterminé que la victime avait manipulé un flacon contaminé, abandonné par les auteurs de la tentative initiale.

Le président de l’enquête a souligné que les agents impliqués, en jetant le récipient dans un lieu accessible au public, n’avaient pas pris en compte les risques mortels pour des personnes sans lien avec leurs cibles. Il a pointé du doigt la chaîne de commandement, incluant les services de renseignement militaire russes et leurs dirigeants politiques.

En réaction à ces conclusions, le gouvernement britannique a immédiatement convoqué l’ambassadeur de Russie et annoncé de nouvelles sanctions. Ces mesures visent l’ensemble de l’appareil de renseignement militaire russe, ainsi que plusieurs individus identifiés comme responsables d’activités hostiles. Le Premier ministre a qualifié les faits de preuves supplémentaires des agissements irresponsables de Moscou sur le territoire national.

Le ministère russe des Affaires étrangères a, par la voix de sa porte-parole, rejeté ces accusations et dénoncé des sanctions illégitimes, tout en se réservant le droit de répondre. Moscou a toujours nié toute implication dans cette affaire.

Le rapport note par ailleurs que les autorités britanniques chargées de la protection de M. Skripal n’avaient, à l’époque, pas estimé nécessaire de mesures de sécurité plus drastiques, considérant le niveau de menace comme insuffisant pour justifier une mise sous protection totale. L’ancien espion et sa fille, qui vivent désormais sous une identité secrète, n’ont pas pu être entendus directement pour des raisons de sécurité.

La famille de Dawn Sturgess, tout en saluant la reconnaissance du statut de victime innocente, a exprimé son inquiétude face à l’absence de recommandations concrètes dans le rapport pour prévenir de tels drames à l’avenir.

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