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La renaissance d’une cité thermale roumaine aux portes des Carpates

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À Baile Herculane, une équipe d’architectes redonne vie à un joyau architectural abandonné, symbole d’un patrimoine longtemps négligé.

Autrefois fréquentée par l’élite austro-hongroise, la station thermale de Baile Herculane, nichée au pied des montagnes roumaines, a connu un déclin marqué par des décennies d’abandon. Aujourd’hui, un groupe de jeunes professionnels s’attelle à sa restauration, redonnant peu à peu son lustre d’antan à ce site historique.

Les thermes impériaux de Neptune, construits en 1886, témoignent encore de leur splendeur passée malgré des murs couverts de graffitis et des structures fragilisées. Lieu de villégiature privilégié de l’empereur François-Joseph et de l’impératrice Sissi, l’édifice est aujourd’hui dans un état de délabrement avancé, victime de conflits juridiques et d’un manque criant d’investissements.

Oana Chirila, architecte de 31 ans, dirige bénévolement une équipe déterminée à inverser la tendance. Depuis huit ans, elle œuvre à la réhabilitation des espaces publics, rénovant bassins, pavillons et promenades. Malgré les obstacles administratifs et la complexité des litiges fonciers, les premiers résultats sont tangibles. Les visiteurs, attirés par les eaux sulfureuses et le cadre naturel, sont désormais plus nombreux, passant de 90 000 en 2020 à 160 000 l’an dernier.

Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de sauvegarde du patrimoine roumain, où près d’un tiers des monuments historiques sont menacés de disparition. Des initiatives citoyennes similaires émergent à travers le pays, palliant l’inaction des pouvoirs publics. Pour Stefan Balici, président de l’Ordre des architectes roumains, ces actions locales montrent la voie à suivre pour préserver un héritage culturel fragile.

Si les défis restent immenses, l’enthousiasme des habitants et des visiteurs laisse entrevoir un avenir plus radieux pour Baile Herculane. Comme le souligne Oana Chirila, la cité thermale, autrefois symbole de décadence, pourrait bien renaître grâce à la persévérance de ceux qui croient en son potentiel.

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