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La mue, nouvelle épreuve fatale pour les manchots empereurs

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Le rituel annuel de renouvellement du plumage, période déjà critique pour ces oiseaux, est compromis par la disparition rapide de la banquise côtière, selon une récente analyse.

Les manchots empereurs affrontent une menace supplémentaire liée au réchauffement climatique. Outre les difficultés bien documentées de leur reproduction, leur phase de mue annuelle devient de plus en plus périlleuse. Ce processus vital, durant lequel ils renouvellent intégralement leur plumage et restent immobilisés sur la glace pendant plusieurs semaines, les rend extrêmement vulnérables à la fonte précoce de leur habitat.

Une observation satellitaire menée sur plusieurs années le long des côtes de la terre Marie Byrd, en Antarctique occidental, a révélé une contraction alarmante des sites traditionnels de mue. Les zones de banquise stable, essentielles à leur survie pendant cette période d’incapacité à nager, se réduisent drastiquement. Les colonies, contraintes de se regrouper sur des espaces restreints, sont moins nombreuses et plus denses qu’auparavant.

La superficie de la glace de mer dans cette région a connu un effondrement historique récent, passant de plusieurs centaines de milliers de kilomètres carrés à une fraction de cette étendue. Cette réduction coïncide avec des observations montrant que la banquise se fracture désormais avant la fin du cycle de mue de nombreux groupes. Les scientifiques redoutent que des oiseaux, poussés prématurément à l’eau avec un plumage non étanche, succombent à l’épuisement, au froid ou aux prédateurs.

Cette situation aggrave la pression qui pèse sur l’espèce, dont certaines populations ont déjà enregistré des déclins significatifs au cours des dernières décennies. La perte de la banquise côtière, un refuge historique toute l’année, remet en cause la pérennité de ce rituel biologique crucial. L’accélération du réchauffement en Antarctique, bien supérieure à la moyenne mondiale, laisse présager une intensification de ces phénomènes, mettant en péril l’avenir des manchots empereurs à plusieurs stades clés de leur cycle de vie.

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