Monde
La Moldavie sous la menace des drones, une frontière en état d’alerte
À quelques kilomètres de l’Ukraine, les villages moldaves subissent les retombées directes du conflit. Entre équipements obsolètes et divisions politiques, la défense aérienne du pays apparaît comme un défi majeur pour sa souveraineté.
Le grondement soudain d’un moteur a rompu le calme d’une route frontalière du sud-est moldave, ce 18 décembre. Peu après, les impacts ont commencé. Pour les automobilistes en attente au poste-frontière de Palanca, le spectacle des frappes sur le pont voisin, suivi d’épais panaches de fumée, a marqué une escalade tangible. L’attaque, qui s’est poursuivie par intermittence jusqu’au lendemain, a provoqué la fermeture temporaire de cet axe vital vers Odessa et causé des pertes civiles du côté ukrainien.
Cet incident n’est pas un cas isolé. Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, la Moldavie enregistre des dizaines de violations de son espace aérien. Des débris de missiles et des drones, dont certains chargés d’explosifs, se sont abattus sur son territoire. Les quelque deux mille habitants de Palanca vivent au rythme des alertes, subissant parfois des coupures des systèmes de navigation lorsque les brouillages ukrainiens sont activés. Le bruit des bombardements, certaines nuits, est si puissant qu’il fait trembler les vitres et pousse certains à envisager de quitter leur foyer.
La capacité du pays à se protéger est pourtant limitée. Son armée, forte d’environ six mille cinq cents soldats, dépend largement d’un équipement datant de l’ère soviétique. Le parc de radars, vieux de plusieurs décennies, est inapte à détecter les drones modernes. Les budgets alloués à la défense figurent parmi les plus faibles d’Europe, une situation que les autorités tentent de corriger avec l’acquisition de matériel neuf, financé en partie par des fonds européens. Un premier radar fourni par la France est opérationnel depuis 2023.
Cette vulnérabilité alimente un débat national sur la nécessité de renforcer les capacités militaires. La présidente Maia Sandu défend ces investissements comme une condition essentielle à la sécurité et au développement du pays. Toutefois, cette orientation est contestée. Une partie de la classe politique, favorable à Moscou, dénonce une prétendue militarisation et met en doute la réalité même des incursions aériennes. Dans le village de Cuhurestii de Jos, où un drone marqué du symbole « Z » a été découvert sur un toit en novembre, certains habitants partagent ce scepticisme, évoquant une possible manipulation destinée à semer la peur.
Pour les analystes, ces survols répétés participent d’une stratégie de pression plus large visant à déstabiliser la région. La présence de troupes russes en Transnistrie, région séparatiste moldave, ajoute à la complexité géopolitique. Alors que les autorités de Chișinău ont engagé un processus de rapprochement avec l’Union européenne, l’issue du conflit en Ukraine déterminera en grande partie la marge de manœuvre future du pays. Une victoire russe, estiment certains experts, pourrait considérablement réduire ses perspectives d’intégration et accroître les risques d’instabilité interne. Pour les villageois de la frontière, cette incertitude se double d’une inquiétude quotidienne, chaque survol rappelant la proximité immédiate de la guerre.
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