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Politique

La loi Duplomb, symptôme d’une démocratie en crise

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Un texte agricole controversé, des millions de signatures contre, et des institutions sous tension : l’affaire révèle les fractures d’un système politique à bout de souffle.

L’adoption mouvementée de la loi portée par le sénateur Laurent Duplomb aura marqué l’été politique. Après des semaines de polémiques, le Conseil constitutionnel a partiellement censuré le texte, invalidant notamment la réintroduction d’un pesticide interdit. Une décision qui n’a pourtant pas apaisé les tensions, tant les positions semblent irréconciliables entre ses défenseurs et ses détracteurs.

À gauche, les élus écologistes et insoumis réclament désormais l’abrogation pure et simple de la loi, promettant de déposer une proposition en ce sens. Marine Tondelier, figure des Verts, appelle à « maintenir la pression », tandis que Jean-Luc Mélenchon évoque un « combat » à poursuivre. À l’inverse, le camp LR, soutenu par la FNSEA, dénonce une décision « inacceptable » et envisage déjà un nouveau projet législatif.

Dans ce climat de polarisation, l’exécutif peine à trouver sa place. Si le président a annoncé vouloir promulguer rapidement le texte, les divisions persistent au sein même du gouvernement. Entre les ministres favorables à l’agriculture intensive et ceux attachés à la transition écologique, la ligne officielle semble flottante.

Cette séquence illustre surtout les dysfonctionnements d’un système politique fragilisé depuis les dernières élections législatives. Privé de majorité absolue, le gouvernement s’en remet de plus en plus aux initiatives parlementaires, tout en recourant à des manœuvres procédurales pour limiter les débats. Une stratégie qui alimente la défiance, comme en témoigne la pétition historique – plus de deux millions de signatures – contre la loi Duplomb.

Les critiques à l’encontre du Conseil constitutionnel, accusé par certains de s’ériger en « troisième chambre », achèvent de dessiner un paysage institutionnel ébranlé. Marine Le Pen et Laurent Wauquiez fustigent une « ingérence » des juges, quand d’autres, comme Manuel Valls, défendent leur rôle de gardien de l’État de droit.

Entre paralysie législative, défiance populaire et remise en cause des contre-pouvoirs, l’épisode Duplomb apparaît comme le révélateur d’une démocratie en quête de repères.

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