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Économie

La lentille verte s’enracine dans les Hauts-de-France

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Portée par la recherche d’autonomie protéique et la nécessité d’une rotation des cultures, cette légumineuse conquiert des terres jusque-là dédiées aux grandes cultures traditionnelles, malgré les aléas d’un marché mondial volatile.

Dans la plaine du Nord, aux abords de Valenciennes, les parcelles de Cécile Fléchel témoignent d’une évolution silencieuse. Sur ses terres longtemps dominées par le blé et la pomme de terre, cette agricultrice a introduit la lentille verte. Son choix s’inscrit dans une démarche agronomique visant à régénérer des sols fragilisés par des décennies de monoculture. La légumineuse, capable de fixer l’azote atmosphérique, réduit le recours aux engrais de synthèse et améliore la structure des parcelles.

L’initiative a été rendue possible par un partenariat entre une coopérative locale et un transformateur spécialisé dans les légumes secs. Ce dernier garantit un débouché et un prix contractuel, un élément décisif pour des producteurs habitués aux fluctuations des marchés de commodités. Les premiers résultats se sont avérés encourageants, avec des rendements parfois supérieurs aux attentes. Cependant, la culture reste exposée aux caprices climatiques, comme l’a montré une récolte moins abondante après un printemps sec.

La dynamique française, bien que récente, est significative. La production nationale de lentilles a progressé de plus de cinquante pour cent en trois ans. Elle répond à une double ambition, à la fois agronomique, par la diversification des assolements, et stratégique, dans le cadre des politiques visant à renforcer l’autonomie en protéines végétales. Pour autant, la dépendance aux importations demeure importante, la consommation intérieure excédant encore largement la production locale.

La pérennité de cette filière émergente se heurte aujourd’hui à la réalité des cours mondiaux. Une offre abondante au Canada et en Inde exerce une pression à la baisse sur les prix, rendant le modèle économique plus fragile. Les acteurs locaux misent sur la valorisation de l’origine France pour convaincre les consommateurs, même à un tarif supérieur à celui des lentilles importées. Pour les agriculteurs, l’équation est simple, la culture doit rester suffisamment rémunératrice pour justifier son maintien dans la rotation, malgré ses vertus agronomiques incontestables.

L’avenir de la lentille dans le Nord se jouera donc à la fois au champ et en magasin. Son succès dépendra de la capacité de la filière à stabiliser les revenus des producteurs tout en répondant à une demande croissante pour des productions locales et durables.

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