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La Jeune Garde antifasciste au cœur d’une polémique après un décès à Lyon

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L’organisation dissoute, déjà dans le viseur des autorités, se défend de toute implication dans la mort d’un militant nationaliste, survenue jeudi dernier. Son rôle et ses méthodes sont remis en question.

Fondée en 2018 à Lyon avant d’être dissoute par le gouvernement au printemps dernier, l’organisation La Jeune Garde se retrouve aujourd’hui confrontée à de graves accusations. Les enquêteurs s’interrogent sur son éventuelle responsabilité dans les circonstances ayant conduit au décès de Quentin Deranque, un activiste d’extrême droite, jeudi à Lyon. Dans un communiqué publié dimanche, le groupe, qui se présente comme antifasciste, a catégoriquement rejeté toute implication dans ces événements, rappelant avoir cessé ses activités depuis sa dissolution officielle.

À l’origine, cette structure s’est constituée en réponse à la montée de groupes nationalistes radicaux et violents dans la région lyonnaise, comme le Bastion social. Elle a ensuite essaimé dans plusieurs grandes villes françaises, de Paris à Montpellier en passant par Strasbourg et Lille, sous la forme d’un réseau de collectifs locaux jouissant d’une relative autonomie. Ces différentes entités partagent des symboles communs, notamment trois flèches orientées vers la gauche, un emblème historique de la résistance socialiste aux régimes totalitaires des années 1930.

La notoriété du groupe a significativement augmenté lors des mouvements sociaux contre la réforme des retraites en 2023. Ses membres étaient alors régulièrement présents en marge des manifestations, parfois en soutien aux services d’ordre syndicaux, ou intervenaient près des universités pour, selon leurs dires, protéger les étudiants mobilisés de potentielles agressions. Leur stratégie, marquée par une recherche de visibilité sur les réseaux sociaux avec des publications montrant des entraînements physiques ou des apparitions le visage dissimulé, leur a valu une audience certaine.

Pour autant, des observateurs avertis de la mouvance antifasciste estiment que La Jeune Garde n’a jamais été le collectif le plus enclin à l’affrontement direct sur le terrain lyonnais, lui préférant des actions davantage tournées vers la communication. Sa dissolution, prononcée en juin dernier par le Conseil des ministres qui l’accusait d’inciter à la violence, aurait selon ces sources contribué à sa désorganisation. Le mouvement antifasciste dans son ensemble est décrit comme un ensemble fragmenté de groupes locaux, sans structure nationale centralisée comme ont pu l’être par le passé d’autres réseaux.

L’ancien porte-parole national du groupe, Raphaël Arnault, aujourd’hui député, en incarnait la figure publique jusqu’à son entrée à l’Assemblée. Le décret de dissolution fait état de plusieurs altercations violentes impliquant des membres du groupe entre 2023 et 2025. Un recours contre cette décision administrative a été déposé devant le Conseil d’État.

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