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Société

La gauche poitevine se fragmente à l’approche du scrutin municipal

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La ville de Poitiers, historiquement ancrée à gauche, s’apprête à vivre une élection municipale marquée par la division des forces traditionnelles, la maire écologiste sortante faisant face à une opposition socialiste et à une alliance communiste-insoumise.

La campagne pour les municipales à Poitiers se dessine sous le signe de la dispersion. La maire écologiste sortante, Léonore Moncond’huy, brigue un nouveau mandat sans le soutien de ses anciens alliés communistes, qui ont cette fois choisi de constituer une liste commune avec La France insoumise. De son côté, le Parti socialiste, dans l’opposition depuis sa défaite en 2020, présente sa propre candidature. Cette configuration inédite fragilise le camp de gauche dans une cité qu’il dirige sans discontinuer depuis plusieurs décennies.

L’actuelle édile, élue il y a six ans à la faveur d’une triangulaire face au maire socialiste sortant et à un candidat du centre, défend un bilan axé sur la végétalisation de l’espace public, une gouvernance de proximité et plusieurs projets structurants de rénovation. Elle affirme avoir engagé des discussions avec l’ensemble des formations de gauche dès l’automne dernier, mais les rancœurs issues du scrutin précédent persistent. Le candidat socialiste, François Blanchard, estime quant à lui que les projets portés par les écologistes et le PS restent fondamentalement distincts, tout en pointant certaines fermetures de services publics survenues durant le mandat.

Les désaccords de fond entre les différentes listes de gauche apparaissent relativement circonscrits, se cristallisant principalement sur deux enjeux. Le premier concerne les transports, où tous s’accordent sur une extension de la gratuité, déjà effective le samedi, mais divergent sur son ampleur et ses modalités pratiques. Le second sujet, plus sensible, est celui de la sécurité et de l’équipement de la police municipale. La majorité sortante et l’union communiste-insoumise s’opposent à son armement, tandis que le candidat du centre gauche, Anthony Brottier, plaide pour des armes létales. Le socialiste propose une voie médiane avec des armes dites intermédiaires.

Dans ce paysage éclaté, les anciennes majorités tentent de dessiner des perspectives pour le second tour. L’ancien maire socialiste Alain Claeys appelle à un rassemblement entre le candidat de son parti et celui du centre gauche, considérant cette union comme la seule voie possible pour reconquérir la mairie. À l’inverse, le chef de file de la liste communiste-insoumise laisse entrevoir la possibilité d’une convergence avec les écologistes après le premier tour, évoquant des relations constructives entre les deux camps. L’issue du scrutin dépendra largement de la capacité des électeurs à trancher entre ces offres politiques désormais concurrentes.

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