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La fille de Marylise Spicher poursuit l’État pour déni de justice

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Près de quarante-trois ans après le meurtre non élucidé de sa mère, Katy Spicher engage la responsabilité de l’État, invoquant des manquements graves ayant entravé la recherche de la vérité et ses droits.

La procédure judiciaire, déposée devant le tribunal judiciaire de Paris, qualifie les carences de l’institution de faute lourde. La requérante estime que les dysfonctionnements successifs ont provoqué une souffrance psychologique durable et un sentiment d’abandon. L’assignation, dont l’Agence France-Presse a eu connaissance, détaille une série de manquements remontant aux premières années de l’enquête.

Marylise Spicher a été tuée en juillet 1983 à son domicile d’Amiens. Sa fille, alors âgée de six ans, se retrouve orpheline. Ses avocats soulignent qu’aucun administrateur ad hoc ne fut désigné pour la représenter durant sa minorité, l’empêchant ainsi de se constituer partie civile. Ils pointent également une ordonnance de non-lieu rendue en 1988, jugée prématurée et insuffisamment motivée, alors que des aveux avaient été formulés.

Le document reproche aux autorités judiciaires de ne pas avoir réalisé l’ensemble des actes d’investigation nécessaires, notamment sur le plan scientifique. Les années suivantes, les demandes d’accès au dossier formulées par Katy Spicher après sa majorité se sont heurtées, selon ses conseils, à des refus injustifiés. En décembre 2025, une requête en réouverture de l’information, fondée sur de nouveaux témoignages, a été explicitement rejetée par le parquet d’Amiens.

La demande en indemnisation s’élève à 375 000 euros. Elle vise à réparer un préjudice moral évalué à 150 000 euros, une perte de chance procédurale chiffrée à un montant équivalent, ainsi qu’une atteinte au droit à un recours effectif et un préjudice patrimonial. L’assignation décrit une reviviscence traumatique à chaque démarche judiciaire entreprise par la plaignante.

Cette affaire intervient dans un contexte où la question de la prescription des crimes fait débat. Une récente décision de la Cour de cassation concernant un autre dossier ancien a relancé les discussions sur l’imprescriptibilité des crimes les plus graves.

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