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La faune hellénique sous l’étau climatique

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Alors que la Grèce affronte des incendies d’une intensité inédite et des vagues de chaleur répétées, les animaux sauvages paient un lourd tribut. Des centres de soins dédiés tentent de sauver ce qui peut l’être, dans un contexte de dégradation accélérée des écosystèmes.

Une tortue centenaire aux écailles carbonisées se débat faiblement sur une table de soins, le corps enduit de baumes médicinaux. Ce reptile ancestral compte parmi les innombrables victimes des feux de forêt qui ravagent périodiquement le pays, phénomène amplifié par le réchauffement climatique. Dans la clinique athénienne de l’organisation Anima, les équipes vétérinaires œuvrent sans relâche pour tenter de sauver ces patients singuliers.

L’établissement enregistre une affluence record cette année, avec près de 2 125 animaux pris en charge rien qu’en juin. Cette augmentation significative reflète l’aggravation des conditions environnementales. Les incendies, plus étendus et plus fréquents, détruisent des habitats entiers tandis que les sécheresses prolongées tarissent les points d’eau et réduisent les ressources alimentaires. Les jeunes rapaces, désorientés par la fumée et la chaleur, se jettent parfois en mer où le sel les empoisonne.

Le personnel soignant décrit des situations extrêmes. Des oiseaux atteints de brûlures profondes, des mammifères déshydratés ou blessés par des collisions routières – ces accidents augmentant avec l’expansion urbaine dans les zones forestières. Chaque patient nécessite des protocoles spécifiques, des perfusions pour les déshydratations aux interventions chirurgicales pour les fractures. La convalescence s’étale souvent sur six mois avant un éventuel retour à la vie sauvage.

Au-delà des soins immédiats, les spécialistes observent avec inquiétude l’émergence de nouvelles pathologies liées aux dérèglements climatiques. La prolifération de parasites et la modification des cycles microbiens compliquent encore la tâche des soignants. Pourtant, des succès remarquables alimentent l’espoir. Certains animaux, comme ce renard soigné pour un traumatisme crânien sévère, ont pu retrouver leur milieu naturel après des mois de rééducation. Ces libérations restent des moments privilégiés pour les équipes, qui y voient la justification de leurs efforts quotidiens face à une crise écologique d’ampleur.

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