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La direction de l’AFP présente un plan de réforme contesté
Le projet de révision du statut des correspondants à l’étranger, visant à réaliser des économies, a été rejeté par les syndicats en assemblée générale, ouvrant la voie à un conflit social.
La direction de l’Agence France-Presse a dévoilé ce vendredi les contours d’un plan d’économies structurel, dont la mesure principale concerne une profonde réforme des conditions d’expatriation de ses journalistes. Ce projet, présenté devant le comité social et économique, a immédiatement été rejeté par l’assemblée générale du personnel. Les organisations syndicales, par une motion adoptée, s’opposent fermement aux propositions de la direction et réclament l’ouverture de véritables négociations. Elles menacent de lancer un appel à la grève dès la semaine du 26 janvier en l’absence d’avancées.
L’objectif affiché par la direction est de réaliser entre dix et douze millions d’euros d’économies d’ici à 2026, dans un paysage médiatique en difficulté. Le cœur du dispositif repose sur une transformation du système d’expatriation, jugé trop coûteux, qui doit être achevée pour 2028. Actuellement, environ deux cent soixante-dix journalistes bénéficient de ce statut, qui inclut des avantages substantiels comme la prise en charge du logement ou de la scolarité des enfants.
Le nouveau modèle proposé créerait deux catégories distinctes. Une première, baptisée « Mobilité Plus », conserverait les conditions actuelles pour un nombre réduit de postes, estimé entre quatre-vingts et quatre-vingt-dix, essentiellement à responsabilités. La seconde, intitulée « Mobilité », concernerait entre cent quarante et cent soixante postes. Les journalistes concernés perdraient les avantages d’expatriation au profit d’un système de primes et basculeraient vers un statut local, régi par la législation du pays d’affectation. La direction assure que cette refonte permettra de préserver un réseau international de qualité.
Les représentants du personnel contestent vivement cette analyse. Ils estiment que ces changements compromettraient la mobilité des journalistes et, par conséquent, la capacité de l’agence à couvrir l’actualité mondiale. La Société des journalistes de l’AFP a publiquement questionné la vision stratégique qui sous-tend ce projet, au-delà des simples impératifs financiers.
Parallèlement, des mesures à court terme ont été annoncées. Sur trente-quatre départs en retraite anticipée en France, vingt-quatre postes, dont dix-huit de journalistes, ne seront pas pourvus. Pour l’année 2026, la direction prévoit également le gel de treize postes de journalistes dans le réseau mondial, dont cinq à Paris, et la suppression de six autres emplois.
L’Agence France-Presse, l’une des trois grandes agences de presse mondiales aux côtés de l’américaine Associated Press et de la britannique Reuters, emploie environ deux mille six cents personnes, dont mille huit cents journalistes. Son modèle économique singulier repose à la fois sur des revenus commerciaux et sur une subvention de l’État français, qui compense les coûts liés à ses missions d’intérêt général.
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