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Économie

La croissance japonaise marque le pas, Takaichi face à l’impératif de la relance

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Les chiffres du quatrième trimestre 2025, inférieurs aux prévisions, placent l’exécutif devant un dilemme. La nécessité de soutenir l’activité entre en tension avec la maîtrise d’une dette publique déjà vertigineuse.

L’économie japonaise a affiché une progression anémique sur la dernière période de l’année 2025. Selon les données officielles publiées ce lundi, le produit intérieur brut a crû de seulement 0,1% entre octobre et décembre, un rebond bien plus faible que ne l’escomptaient les analystes. Ce résultat modeste, qui suit une contraction révisée à 0,7% au trimestre précédent, confirme les difficultés persistantes de la consommation des ménages, elle-même pénalisée par une inflation qui continue de rogner le pouvoir d’achat.

Cette performance en demi-teinte survient alors que le gouvernement avait déployé, dès novembre dernier, un vaste plan de soutien de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Les mesures, incluant des subventions sur l’énergie et des aides directes aux foyers, visaient précisément à contrer la hausse des prix et à relancer la dépense. Si l’inflation a légèrement ralenti en décembre, elle se maintient à un niveau supérieur à l’objectif de la banque centrale, tandis que les salaires peinent à suivre. En conséquence, les dépenses des ménages ont de nouveau reculé sur un an à la fin de l’année.

Cette conjoncture fragile renforce les attentes envers l’administration de Sanae Takaichi, qui s’est engagée à accentuer son action. Avant les récentes élections législatives, la Première ministre avait promis de suspendre pendant deux ans la taxe sur la consommation appliquée aux produits alimentaires. Une proposition qui avait suscité des inquiétudes sur les marchés financiers, compte tenu du niveau déjà très élevé de la dette publique nippone. Les observateurs estiment désormais que la faiblesse de l’activité pourrait précipiter l’adoption de nouvelles dépenses budgétaires dès le premier semestre de l’exercice en cours.

Le tableau économique global reste en effet préoccupant. La croissance annuelle pour 2025, bien que positive à 1,1%, masque une dynamique atone sur le long terme. Les exportations, pilier traditionnel de l’économie, subissent toujours le contrecoup des tensions commerciales internationales, notamment avec les États-Unis. Les ventes vers ce marché ont encore chuté de manière significative en décembre. Par ailleurs, le regain de frictions géopolitiques avec la Chine, accompagné de restrictions commerciales et d’une baisse de la fréquentation touristique, ajoute une incertitude supplémentaire sur les perspectives à court terme.

Dans ce contexte, le gouvernement se trouve confronté à un équilibre délicat. Il doit à la fois répondre à l’urgence d’une demande intérieure atone et préparer l’avenir en encourageant les investissements dans des secteurs stratégiques, tout en veillant à la soutenabilité des finances publiques. Les prochains arbitrages budgétaires seront déterminants pour l’orientation d’une économie qui peine à trouver un nouveau souffle.

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