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La course aux satellites compromet l’avenir de l’astronomie spatiale

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La multiplication des engins en orbite terrestre génère une pollution lumineuse croissante, susceptible de dégrader la majorité des observations réalisées par les télescopes spatiaux, selon une nouvelle étude.

La communauté astronomique internationale alerte sur un phénomène de plus en plus préoccupant. La flotte de satellites artificiels en orbite autour de notre planète connaît une expansion exponentielle, passant de quelques milliers il y a cinq ans à plusieurs dizaines de milliers aujourd’hui. Cette prolifération, principalement portée par des projets de constellations pour les télécommunications, n’est que le prélude à une croissance bien plus massive dans les deux prochaines décennies.

Des projections scientifiques estiment que le nombre total de ces objets pourrait atteindre un demi-million d’ici à 2040 si tous les programmes annoncés se concrétisent. Une telle densité en orbite basse représenterait une entrave majeure pour l’exploration scientifique de l’univers. Les reflets du Soleil sur les surfaces des satellites créent en effet des traînées lumineuses qui viennent contaminer les images capturées par les observatoires en orbite terrestre.

Les simulations réalisées par des chercheurs indiquent que près de la totalité des données collectées par certains instruments futurs pourraient être affectées. Même des télescopes emblématiques comme Hubble, dont le champ de vision est plus étroit, ne seraient pas épargnés, avec environ un tiers de leurs clichés potentiellement altérés. Cette situation compliquerait considérablement des missions critiques, telles que la détection et le suivi d’astéroïdes dont la trajectoire croise celle de la Terre, ces objets célestes présentant des signatures lumineuses similaires à celles des satellites artificiels.

Les télescopes positionnés très loin de la Terre, à l’instar de James Webb, restent pour l’heure à l’abri de cette interférence en raison de leur localisation. Cependant, la majorité des instruments d’observation opèrent sur des orbites plus proches et sont donc directement exposés. Une piste évoquée pour atténuer le problème consisterait à placer les nouvelles constellations sur des orbites plus basses, mais cette option soulève d’autres inquiétudes environnementales, notamment concernant l’impact sur la haute atmosphère.

La tendance actuelle, marquée par une concurrence commerciale intense et des besoins technologiques grandissants, ne laisse pas présager une réduction volontaire du nombre de lancements. La course aux données, alimentée par le développement de l’intelligence artificielle, pourrait même conduire à la mise en orbite de satellites aux dimensions démesurées, dépassant plusieurs milliers de mètres carrés. De telles structures réfléchiraient une quantité de lumière considérable, rivalisant avec l’éclat des planètes les plus visibles depuis la Terre.

Face à ce défi, les astronomes appellent à une collaboration accrue avec les opérateurs de constellations. Le partage en temps réel des paramètres orbitaux précis de chaque satellite, ainsi que de ses caractéristiques physiques, permettrait aux observatoires d’ajuster leurs programmes d’observation et de corriger partiellement les artefacts lumineux. Sans une telle coordination et une régulation adaptée, l’accroissement continu de la population satellitaire risque d’obscurcir durablement notre vision du cosmos.

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