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La course à l’Élysée, un duel en huis clos entre deux anciens Premiers ministres

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L’ombre portée d’Emmanuel Macron plane sur la succession présidentielle. Au sein de son propre camp, deux de ses anciens chefs de gouvernement, Édouard Philippe et Gabriel Attal, esquissent des stratégies parallèles, sans pour autant se déclarer la guerre ouverte.

La scène politique française assiste à une compétition singulière. Deux figures majeures issues de la majorité présidentielle, toutes deux anciens Premiers ministres, préparent l’après-Macron avec une prudence calculée. Édouard Philippe, candidat déclaré, et Gabriel Attal, qui ne s’en cache guère, évoluent sur des trajectoires qui se croisent sans encore se heurter frontalement. Leur point commun réside dans la distance qu’ils ont prise avec l’actuel locataire de l’Élysée, tout en pilotant leurs propres formations politiques avec l’objectif avoué de conquérir la plus haute fonction.

Leurs relations demeurent officiellement cordiales, comme en témoigne leur participation commune à un meeting parisien. Cette entente de circonstance masque mal des ambitions concurrentes. Dans l’entourage des deux hommes, on souligne une relation fluide malgré les rivalités, tandis que d’autres y décèlent une alliance tacite visant à contourner l’influence du président sortant. Cette cohabitation stratégique n’efface pas les tensions sous-jacentes. À seize mois de l’échéance présidentielle, la division au sein du camp macroniste contraste avec la domination du Rassemblement national dans les enquêtes d’opinion, ajoutant à l’incertitude.

La question d’une candidature unique, élargie à la droite classique avec laquelle la majorité gouverne depuis les dernières élections législatives, agite les cercles du pouvoir. L’idée d’un socle commun ou d’une primaire fait son chemin chez certains, mais elle se heurte à des réticences, notamment celle d’Édouard Philippe. Ce dernier concentre ses efforts sur la conquête de la mairie du Havre, considérée comme une étape cruciale. Son parti, Horizons, prépare un programme substantiel pour après ce scrutin local, tout en envisageant un grand rassemblement au printemps. Cependant, certains observateurs notent un ralentissement dans sa dynamique, ses déclarations sur une démission ordonnée du président actuel ayant été mal reçues dans une partie de la majorité.

De son côté, Gabriel Attal affine sa posture. Après avoir pris les rênes de Renaissance et de son groupe parlementaire, il a entrepris de structurer le parti et multiplie les propositions, certaines ayant fortement marqué le débat public. Son entourage met en avant sa capacité à imposer des thèmes dans l’agenda national. L’organisation imminente d’une grande soirée de débats, avec des personnalités venues d’horizons variés, ainsi que la publication annoncée d’un livre au printemps, dessinent les contours d’une entrée en campagne progressive. Dans son camp, on évoque la possibilité de plusieurs candidatures au départ, pour un rassemblement ultérieur avant le scrutin présidentiel.

Cette perspective est accueillie avec scepticisme chez Horizons. Un de ses responsables estime naturel que d’autres formations affichent leurs prétentions, mais interroge la faisabilité d’un soutien réciproque au premier tour entre des candidats de sensibilités différentes. Pour ce courant, Édouard Philippe demeure la figure la plus à même d’incarner une convergence entre le centre et la droite. L’attente et le suspense semblent désormais être les maîtres-mots d’une pré-campagne où chacun avance ses pions sans précipitation, conscient que le véritable affrontement reste à venir.

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