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Culture

La Cinetek, l’antidote cinéphile face à l’empire du streaming

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Face à l’uniformisation des plateformes numériques, une initiative française défend une conception curatoriale du septième art, fondée sur le regard des créateurs.

Portée par des cinéastes de renom, la plateforme Cinetek constitue une alternative singulière dans le paysage du visionnage en ligne. Son principe repose sur une sélection exigeante de films classiques choisis par des réalisateurs, à contre-courant des logiques algorithmiques dominantes. Ce projet est né de la volonté de Cédric Klapisch, Pascale Ferran et Laurent Cantet de préserver l’accès à des œuvres majeures progressivement invisibilisées par la transition numérique.

L’approche curatoriale se distingue par son caractère profondément humain. Chaque artiste participant établit une liste d’une cinquantaine de films fondateurs, constituant peu à peu un patrimoine cinématographique international. Les équipes de la plateforme entreprennent ensuite un minutieux travail de recherche pour identifier les détenteurs de droits, certains chefs-d’œuvre nécessitant de véritables enquêtes pour être exhumés.

La négociation avec les grands studios américains représente un défi permanent, ces derniers manifestant souvent des réticences à céder les droits de manière sélective. Malgré ces obstacles, le catalogue s’enrichit progressivement, rassemblant près de 2 500 films sur les 3 500 recensés par environ 150 cinéastes à travers le monde.

Avec un abonnement mensuel de 4,99 euros donnant accès à une centaine d’œuvres régulièrement renouvelées, la plateforme se veut accessible sans renoncer à son exigence qualitative. Elle propose également des locations à l’unité et organise des rétrospectives thématiques autour de mouvements, réalisateurs ou acteurs ayant marqué l’histoire du cinéma.

Les fondateurs insistent sur la diversité de la programmation, qui transcende les frontières génériques et géographiques. Cette volonté d’éclectisme se manifeste dans la variété des œuvres proposées, allant du film d’auteur à la comédie populaire, reflétant la pluralité des inspirations cinéphiles.

Le modèle économique associatif repose essentiellement sur une communauté de 20 000 abonnés, complétée par le mécénat et le soutien d’institutions comme le Centre national du cinéma. Cette configuration financière précaire limite cependant les capacités de développement, notamment en matière de visibilité publique. L’objectif de 30 000 abonnés représenterait un seuil de stabilité permettant d’envisager l’avenir avec plus de sérénité.

Des événements physiques, comme les projections organisées en région parisienne, viennent compléter cette présence numérique et renforcer les liens avec le public. Cette dimension communautaire reste essentielle pour les initiateurs du projet, qui voient dans leur plateforme un outil de transmission et de partage de la culture cinématographique.

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