Société
La cathédrale rouge de Kiruna achève son voyage historique vers un nouvel horizon
Une opération d’une complexité technique remarquable a permis de déplacer intact l’emblématique église en bois, menacée par l’expansion minière. Un symbole fort pour cette communauté arctique en pleine mutation.
L’imposante église de Kiruna, joyau architectural suédois construit en 1912, a rejoint mercredi après-midi son nouvel emplacement, à cinq kilomètres de son site d’origine. Ce transfert hors normes, réalisé à l’aide de remorques téléguidées avançant à une vitesse constante de 500 mètres à l’heure, constitue l’aboutissement d’une manœuvre entamée la veille et suivie avec attention dans tout le pays.
La nécessité de ce déplacement découle directement de l’activité minière intensive menée par l’entreprise publique LKAB, dont les excavations menacent la stabilité des sols autour de la ville. Pour préserver ce patrimoine, le choix s’est porté sur un transfert intégral de l’édifice, d’un poids de 672 tonnes, plutôt que sur une reconstruction. L’opération, intégralement financée par la compagnie minière, représenterait un investissement de l’ordre de 500 millions de couronnes.
Durant son périple de près de deux jours, la structure a été suivie par des milliers de curieux, attirés par le caractère exceptionnel de l’événement. Un office religieux a même été célébré à proximité immédiate du bâtiment en mouvement, dans un abri traditionnel sami, soulignant l’ancrage culturel et spirituel du lieu.
Le nouvel emplacement, soigneusement sélectionné, préserve la relation de l’église avec le cimetière municipal tout en modifiant son orientation vers l’ouest, un changement symbolique destiné à marquer son ouverture vers la communauté. Le clocher, structure indépendante, doit faire l’objet d’un déplacement distinct dans les prochains jours.
Si l’opération est saluée pour sa réussite technique, elle ne fait pas l’unanimité parmi la population. Certains habitants expriment une forme d’amertume face aux bouleversements profonds induits par l’activité minière, perçus comme une destruction organisée du tissu urbain historique au profit d’intérêts économiques.
Parallèlement, la découverte récente à proximité d’importants gisements de terres rares, essentielles à la transition énergétique, laisse présager une intensification de l’exploitation, suscitant des inquiétudes environnementales quant à la préservation des écosystèmes locaux et des modes de vie traditionnels, notamment l’élevage de rennes pratiqué par le peuple sami.
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