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La Birmanie achève un scrutin législatif sous contrôle militaire

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Le dernier tour d’un processus électoral étalé sur un mois s’est ouvert ce dimanche. Il doit consacrer la mainmise du parti soutenu par la junte, lors d’un vote rejeté par une large partie de la communauté internationale.

Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes ce dimanche matin pour la phase finale des élections législatives. Ce scrutin, organisé par les autorités militaires au pouvoir depuis le coup d’État de février 2021, se déroule sur fond de conflit armé et de profonde crise économique. Les observateurs internationaux et les chancelleries occidentales considèrent ce processus comme une manœuvre destinée à légitimer le régime.

Le pays avait connu une décennie d’ouverture politique avant que l’armée ne reprenne le contrôle il y a cinq ans, mettant fin à une transition démocratique et emprisonnant l’ancienne dirigeante Aung San Suu Kyi. Le parti de cette dernière, victorieux des dernières élections libres en 2020, a depuis été dissous. Les généraux présentent le vote en cours comme une étape vers un retour à un ordre constitutionnel, bien que de vastes régions, théâtres d’affrontements, soient exclues du processus.

Lors des tours précédents, le Parti de l’union, de la solidarité et du développement, considéré comme l’aile civile de la junte, a remporté la grande majorité des sièges mis en jeu. La Constitution, héritée de l’ère militaire, garantit par ailleurs un quart des sièges parlementaires aux représentants de l’armée. Cette architecture institutionnelle assure une domination sans partage des forces au pouvoir.

Dans les rares circonscriptions où le vote est organisé, l’atmosphère reste contrainte. Certains électeurs, sous couvert d’anonymat, évoquent un sentiment de pression pour participer, tout en exprimant leur défiance à l’égard du résultat annoncé. La campagne électorale a été fortement perturbée par l’insécurité, de nombreux candidats n’ayant pu se déplacer. Les résultats définitifs sont attendus dans le courant de la semaine prochaine.

Le pays reste englué dans un conflit meurtrier opposant l’armée à une mosaïque de groupes de résistance et de milices ethniques. Cette guerre, couplée à l’effondrement économique, a précipité une large partie de la population dans la pauvreté, selon les Nations unies. Le scrutin se conclut ainsi dans un climat de profonde défiance, loin des apparences de normalité que cherche à afficher le régime.

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