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La bataille parisienne entre Dati et Barnier fragilise l’alliance de la droite

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L’affrontement entre les deux poids lourds des Républicains dans la 2ᵉ circonscription de Paris révèle des fractures au sein de la coalition gouvernementale et préfigure des tensions pour les scrutins à venir.

L’annonce de la candidature de Michel Barnier aux législatives partielles dans la deuxième circonscription de Paris a provoqué une onde de choc bien au-delà des rangs de son propre parti. L’ancien Premier ministre, présenté comme le garant du compromis entre Les Républicains (LR) et la majorité présidentielle, a surpris jusqu’à ses alliés en officialisant sa démarche sans concertation préalable. Une initiative perçue comme un coup de force par plusieurs cadres de la coalition, qui y voient une menace pour l’équilibre politique patiemment construit depuis Matignon.

Du côté de Rachida Dati, la réaction n’a pas tardé. La ministre de la Culture, également maire du VIIᵉ arrondissement, a fait savoir qu’elle envisageait elle aussi de briguer ce siège, alimentant les craintes d’une division dommageable pour la droite dans un bastion traditionnel. Les tensions sont d’autant plus vives que les deux personnalités incarnent des lignes divergentes au sein de LR. Lors de l’élection interne du parti en mai, Barnier a soutenu Bruno Retailleau, tandis que l’entourage de Dati militait pour Laurent Wauquiez.

La situation s’est encore compliquée avec les rumeurs d’une candidature de Barnier à la mairie de Paris en cas d’empêchement de Dati, mise en examen dans l’affaire Ghosn. Ces spéculations, bien que démenties, ont attisé les rivalités. Dans une lettre adressée aux adhérents parisiens, la ministre a affirmé sa fidélité à LR tout en évitant soigneusement toute allusion directe à son rival. Une stratégie qui ne dissipe pas les interrogations sur ses intentions réelles.

Pour la majorité présidentielle, ce duel interne à la droite représente un défi. Certains redoutent que la division des voix ne profite à la gauche, qui avait créé la surprise lors du précédent scrutin en arrivant en tête au premier tour. D’autres, en revanche, estiment que les Républicains, en s’entre-déchirant, risquent de compromettre leurs chances dans une circonscription où la victoire n’est déjà pas acquise.

Dans ce contexte, la macronie pourrait être tentée de présenter sa propre candidate, Clara Chappaz, ministre déléguée au Numérique, selon des informations concordantes. Une hypothèse qui ajouterait une nouvelle dimension à une bataille déjà complexe.

Tous les regards se tournent désormais vers Bruno Retailleau, président de LR, qui devra arbitrer ce conflit pour éviter une crise ouverte. Les prochains jours seront décisifs, alors que les municipales de 2026 et la présidentielle de 2027 se profilent à l’horizon.

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