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Khartoum renaît de ses cendres sur les étals du marché central

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Alors que les combats ont cessé dans la capitale soudanaise, la vie commerciale reprend timidement ses droits. Une résilience fragile se heurte à une économie exsangue et à un quotidien marqué par la précarité.

Au cœur de Khartoum, une activité laborieuse anime à nouveau les allées du principal marché alimentaire. Des vendeurs disposent fruits et légumes sur des étals de fortune, tandis que des clients parcourent les ruelles poussiéreuses. Cette reprise, bien que tangible, reste éloignée de l’effervescence d’antan. Les commerçants présents évoquent un retour progressif, dans un climat encore empreint de méfiance après deux années de conflit armé. Les premiers affrontements entre l’armée régulière et les paramilitaires des Forces de soutien rapide avaient éclaté à proximité immédiate de ce lieu, en avril 2023.

Le conflit, né de la rupture entre d’anciens alliés ayant renversé un régime autoritaire, a provoqué un lourd tribut humain et matériel. Des quartiers entiers de l’agglomération portent les stigmates des combats. Près de la moitié des habitants ont été contraints à l’exode. Certains, pourtant, sont restés. Hashim Mohamed, vendeur depuis un demi-siècle en ces lieux, a poursuivi son activité avec prudence, malgré les risques de pillages et de violences. La reprise du contrôle de la capitale par l’armée, au printemps dernier, a permis un début de retour à une relative normalité. Plus d’un million de personnes seraient revenues, et les autorités ont annoncé le retour progressif des administrations publiques.

La sécurité améliorée ne suffit pas à effacer les difficultés. L’économie nationale est dévastée. Les commerçants font face à une inflation galopante, à une pénurie de main-d’œuvre et à l’effondrement de la monnaie locale. Les prix des denrées et des services grimpent, rendant l’accès aux produits de base de plus en plus difficile pour une population aux abois. Un enseignant, dont le salaire ne couvre plus le loyer, est contraint de travailler sur le marché durant ses jours de repos pour subvenir aux besoins de sa famille. Cette nécessité de cumuler les emplois pour survivre est partagée par beaucoup, souvent dans la crainte de représailles.

Malgré ces épreuves, une lueur d’espoir persiste. Les travailleurs s’affairent parmi les décombres pour reconstruire. Les étals se remplissent, symbolisant une ténace volonté de revivre. Les préoccupations immédiates, comme le rétablissement durable de l’électricité, restent prioritaires. Pour les habitants et les commerçants de Khartoum, la renaissance de leur ville passe par la restauration des services essentiels et par une stabilisation économique qui semble encore lointaine. Le marché central, dans son activité retrouvée, incarne cette lutte quotidienne entre la résilience d’un peuple et le poids écrasant d’une guerre dont les conséquences se font durement sentir.

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