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Jack Lang face à la pression de l’exécutif sur fond d’affaire Epstein

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L’ancien ministre, président de l’Institut du monde arabe, est convoqué par la diplomatie française. Le pouvoir exécutif souhaite qu’il préserve l’institution de la controverse liée à ses relations passées avec le financier américain.

La présidence de la République et Matignon ont officiellement demandé au ministère des Affaires étrangères de convoquer Jack Lang. L’objectif est d’obtenir des éclaircissements de la part de l’ancien ministre de la Culture sur la nature de ses relations avec Jeffrey Epstein, telles qu’elles apparaissent dans les millions de documents judiciaires récemment divulgués. Les plus hautes autorités de l’État expriment une inquiétude quant aux répercussions potentielles de cette affaire sur l’Institut du monde arabe, dont Jack Lang assure la présidence depuis plus d’une décennie.

Selon des sources concordantes, le Quai d’Orsay a confirmé cette convocation, qui devrait intervenir dans un délai très court. L’Élysée a fait savoir que l’intéressé devait désormais « penser à l’institution » qu’il dirige. Sollicité par l’Agence France-Presse, Jack Lang n’a pas réagi dans l’immédiat. Mercredi, l’octogénaire avait catégoriquement refusé de quitter ses fonctions, invoquant une forme de « naïveté » concernant ses contacts avec le financier, décédé en prison en 2019.

Aucune accusation n’est portée contre l’ancien ministre. Sa présence dans l’immense masse documentaire ne suggère, à ce stade, aucune implication dans des actes illégaux. Néanmoins, la mention répétée de son nom, près de sept cents fois, ainsi que les liens d’intérêt établis avec Epstein, ont durablement entaché sa réputation et celle de sa fille, Caroline Lang. Cette dernière a présenté sa démission lundi de la direction d’une organisation professionnelle du cinéma.

La défense de Jack Lang repose sur l’ignorance présumée des agissements criminels de son ancien contact, rencontré il y a une quinzaine d’années par l’intermédiaire du cinéaste Woody Allen. Sa fille a repris cet argument sur les antennes de BFMTV, affirmant l’impossibilité pour son père et pour elle-même d’imaginer « des horreurs pareilles ».

Les appels à son départ se multiplient pourtant, y compris au sein de sa famille politique historique. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a jugé que la manière dont Jack Lang évoque aujourd’hui cette relation « heurte ». Il estime que, même non impliqué dans les scandales sexuels, le président de l’IMA devrait démissionner pour protéger l’institution. L’ancienne candidate à la présidentielle Ségolène Royal a abondé dans ce sens, soulignant le préjudice porté à l’image de l’Institut. Du côté de la majorité présidentielle, Renaud Muselier, prédécesseur de Jack Lang à la tête de l’IMA, a également invité ce dernier à quitter son poste.

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