Europe
Italie : Giorgia Meloni supprime le RSA italien et suscite l’indignation

Environ 169 000 familles italiennes confrontées à la fin brutale du revenu de citoyenneté, une mesure similaire au RSA français, dénoncent l’impact sur les plus précaires.
Le jeudi 27 juillet 2023 restera marqué dans les annales sociales de l’Italie. Environ 169 000 foyers ont été informés par message qu’ils ne bénéficieraient plus du revenu de citoyenneté à partir du 1er août, sans plus de détails. Cette aide, qui ressemble au RSA français, représentait une somme moyenne de 581 euros par mois et était accordée aux ménages dont les revenus annuels ne dépassaient pas 9 360 euros. Le dispositif sera progressivement réduit jusqu’à la fin de l’année et disparaîtra complètement le 1er janvier 2024.
Cette annonce a suscité un tollé parmi des milliers d’Italiens, entraînant des manifestations dans plusieurs villes. A Naples, où l’aide a déjà été retirée à 21 500 foyers, un sit-in a été organisé le 31 juillet devant les bureaux de l’organisme de Sécurité sociale.
La communication officielle sur cette décision a ajouté de l’huile sur le feu. Le message envoyé aux foyers a mentionné une «éventuelle prise en charge de la part des services sociaux», entretenant une confusion. La réalité est que seul une partie des foyers pourra solliciter une prolongation jusqu’en décembre, à condition de prouver un «fort état de détresse sociale».
L’abolition de ce dispositif était une des promesses phares de Giorgia Meloni lors de sa campagne électorale. Après son élection en septembre 2022, la Première ministre d’extrême droite avait dû temporiser en raison de la conjoncture économique difficile et d’une inflation record (8,1 % en 2022, son plus haut niveau depuis 1985). La suppression du revenu de citoyenneté a été entérinée le 1er mai, journée internationale des travailleurs.
Les critiques pleuvent de toutes parts, notamment de l’opposition. L’ancien président du Conseil Giuseppe Conte (Mouvement 5 étoiles) a dénoncé le «désastre social» engendré par cette décision, tandis qu’Elly Schlein, la secrétaire du Parti démocrate, a parlé de «déclaration de guerre contre les pauvres». Lucia Annunziata, éditorialiste à la Stampa, considère qu’il s’agit d’une opération électoraliste visant les régions du sud du pays acquises au Mouvement Cinq étoiles lors des dernières législatives.
La suppression du revenu de citoyenneté a également suscité des réactions en France. Le premier secrétaire du Parti socialiste a condamné «l’extrême droite dans ses œuvres», rappelant que le gouvernement italien supprimait l’équivalent du RSA, une mesure sociale qui avait permis de sortir de la pauvreté un million d’Italiens, selon l’Institut de statistiques du pays. Cette réaction souligne le caractère antisocial de ces mesures prises par l’extrême droite en Italie, qui, sous couvert de lutter contre l’assistanat, accentue les inégalités et la pauvreté.

PolitiqueEn Ligne 6 joursMarine Le Pen veut transformer son congrès d’Orléans en rampe de lancement
PolitiqueEn Ligne 3 joursMélenchon veut changer le patron de Bpifrance et faire gonfler l’épargne des Français
PlanèteEn Ligne 7 joursLa sécheresse vide les paniers de champignons
PolitiqueEn Ligne 4 joursMélenchon ne veut aucun pardon après l’attentat des Yvelines
MondeEn Ligne 4 joursMbappé perd deux partenariats chinois après une vidéo sur Mao
SociétéEn Ligne 7 joursGilets jaunes, syndicats et lycéens de retour dans la rue, les préfectures serrent la vis
Faits DiversEn Ligne 5 joursTrappes, la garde à vue du suspect levée après un examen psychiatrique
Faits DiversEn Ligne 5 joursÀ Trappes, un homme tué pour sa couleur de peau et un ministre qui parle d’attentat
















