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Hongrie, une communauté en attente

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À l’approche des législatives, les personnes LGBT+ nourrissent un espoir mesuré. Le scrutin pourrait marquer un tournant, mais les promesses de changement restent évasives et les craintes d’un durcissement persistent.

La perspective d’une alternance politique suscite des attentes mitigées au sein des minorités sexuelles et de genre en Hongrie. Si la défaite du Fidesz, au pouvoir depuis 2010, est espérée, beaucoup doutent qu’un nouveau gouvernement apporte une amélioration tangible à leur situation. Les droits de cette communauté ont été systématiquement restreints ces dernières années au nom de la protection des valeurs traditionnelles, un phénomène unique par son ampleur au sein de l’Union européenne.

Le principal challenger, le conservateur Péter Magyar, dont la formation caracole en tête des sondages, affiche un positionnement ambigu. Tout en se déclarant favorable à l’égalité, il évite soigneusement de prendre des engagements précis sur les questions LGBT+. Cette prudence stratégique viserait à ne pas effrayer un électorat provincial et rural, perçu comme plus traditionaliste. Pour les militants, le simple retour au cadre juridique antérieur aux réformes récentes constituerait déjà une avancée.

Le sujet peine à s’imposer dans le débat public, éclipsé par les questions géopolitiques et économiques. Pourtant, la mobilisation citoyenne demeure. L’interdiction des marches des fiertés par le gouvernement n’a pas empêché des centaines de milliers de personnes de défiler à Budapest l’été dernier, un événement vécu comme un répit symbolique après une série de lois perçues comme liberticides.

L’environnement législatif s’est en effet considérablement durci depuis 2020, avec l’interdiction de la modification de l’état civil pour les personnes transgenres ou des contenus jugés promouvant l’homosexualité auprès des mineurs. Ces mesures, dont la conformité au droit européen est toujours en examen par la Cour de justice de l’UE, contribuent, selon les associations, à légitimer et amplifier les actes hostiles au quotidien.

Les défenseurs des droits redoutent que la trêve relative observée en campagne ne soit que de courte durée. Des figures du Fidesz ont laissé entendre que le dossier serait traité après le vote, laissant planer la menace de nouvelles restrictions en cas de victoire du parti au pouvoir. Dans l’immédiat, les organisations sur le terrain font face à des difficultés concrètes, comme la précarité financière qui les empêche parfois de subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. L’attente, pour beaucoup, est devenue un état permanent, entre l’espoir ténu d’un apaisement et la crainte d’un nouveau raidissement.

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