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Gisèle Pelicot, une renaissance par l’écriture et l’espoir

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Dans un entretien exclusif, Gisèle Pelicot évoque la publication de ses mémoires et son cheminement vers une vie apaisée, après les épreuves judiciaires.

À l’occasion de la sortie de ses mémoires, intitulées « Et la joie de vivre », Gisèle Pelicot confie son désir de se tourner résolument vers l’avenir. L’ouvrage, qui paraîtra dans plus d’une vingtaine de langues, constitue pour elle un acte de témoignage et de reconstruction. Elle y retrace son parcours, marqué par des drames personnels et un procès historique, avec la volonté affichée de délivrer un message de résilience.

Interrogée sur le titre de son livre, elle explique avoir toujours cherché, même aux heures les plus sombres, des lueurs d’espoir. Elle affirme vouloir rester debout et digne, consciente que son attitude peut surprendre. Si son histoire est devenue un symbole pour beaucoup, elle se défend d’endosser le statut d’icône, préférant mettre en avant la force intérieure que les circonstances peuvent révéler.

La rédaction de ces mémoires, menée avec une journaliste de confiance, s’est avérée à la fois douloureuse et nécessaire. Au-delà du récit judiciaire, l’ouvrage plonge dans l’histoire familiale sur trois générations, évoquant les figures de sa mère et de sa grand-mère. Ces racines, estime-t-elle, sont à l’origine de la force qui l’a habitée depuis son plus jeune âge.

Elle reconnaît ne pas avoir pu traverser cette épreuve seule. Évoquant des décennies de vie commune, elle souligne la difficulté de dissocier les souvenirs heureux de la réalité des crimes commis. Jeter rétrospectivement toute cette période lui paraîtrait impossible sans risquer l’effondrement.

Parmi les étapes à venir de sa reconstruction, elle envisage une rencontre en détention avec son ancien époux. Cette confrontation directe, dont la date reste à déterminer, répondrait à un besoin personnel de poser des questions restées sans réponse. Elle évoque également avec gravité le parcours de ses enfants, soulignant que de tels drames ne rapprochent pas automatiquement une famille. Chacun tente de se reconstruire à sa manière, et elle exprime une préoccupation particulière pour sa fille, plongée dans une colère et des doutes qui lui sont propres.

À l’aube de ses soixante-quatorze ans, Gisèle Pelicot aspire désormais à une forme de tranquillité. Sans se revendiquer d’un féminisme radical, elle estime que les progrès législatifs sur le consentement doivent s’accompagner d’un profond changement des mentalités, qui passe prioritairement par l’éducation. Elle compte désormais sur les jeunes générations pour faire évoluer la société.

À travers la tournée de promotion de son livre, elle souhaite avant tout porter un message optimiste. Elle affirme s’autoriser à nouveau le bonheur, y compris dans l’amour, qu’elle considère comme essentiel à toute existence. Son témoignage se veut ainsi une invitation à croire en la possibilité d’une renaissance après l’adversité.

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