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Gisèle Pelicot, la reconquête du bonheur

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Dans un entretien exclusif, la figure emblématique du combat contre les violences sexuelles évoque sa reconstruction et la publication de ses mémoires, un témoignage porteur d’espoir.

Gisèle Pelicot affirme aujourd’hui s’accorder le droit au bonheur. À l’occasion de la sortie de ses mémoires, intitulés « Et la joie de vivre », elle confie son cheminement vers une forme de sérénité retrouvée. L’ouvrage, qui paraîtra dans une vingtaine de langues, retrace son parcours personnel et son engagement public, survenus après un procès retentissant ayant impliqué son ancien époux. Elle y exprime une volonté farouche de regarder vers l’avenir, refusant de laisser les épreuves subies définir l’ensemble de son existence.

L’auteure explique que la rédaction de ce livre, menée avec une journaliste de confiance, fut un processus à la fois éprouvant et libérateur. Il ne s’agit pas uniquement du récit judiciaire, mais d’une plongée dans l’histoire de trois générations de femmes, dont les vies ont été marquées par des drames successifs. Cette généalogie, selon elle, forge une résilience particulière. Elle évoque notamment la perte précoce de sa mère, un événement qui, affirme-t-elle, contraint à une forme de maturité accélérée.

Interrogée sur son statut public, souvent qualifié d’icônique, Gisèle Pelicot préfère parler de symbole. Elle souligne les ressources insoupçonnées que les individus peuvent découvrir en eux-mêmes face à l’adversité, un message qu’elle souhaite adresser à toutes les personnes ayant vécu des traumatismes similaires. Sa démarche personnelle inclut même le projet, encore à l’étude, de rencontrer son ancien mari en détention. Elle y voit une étape nécessaire dans son processus de reconstruction, une confrontation silencieuse pour tenter de comprendre l’incompréhensible et poser des questions restées sans réponse.

La relation avec ses enfants, profondément affectée par les révélations judiciaires, constitue un chapitre complexe de sa vie. Elle reconnaît que de telles épreuves ne rapprochent pas mécaniquement une famille, chacun devant trouver sa propre voie pour se reconstruire. Elle exprime une inquiétude particulière pour sa fille, Caroline, dont la souffrance et la colère demeurent vives, alimentées par un doute persistant. Gisèle Pelicot dit aujourd’hui entretenir avec elle des relations apaisées et se consacrer à l’accompagner du mieux possible.

À l’aube de sa soixante-quatorzième année, elle aspire désormais à une vie plus calme, tout en restant consciente des combats qui restent à mener. Se définissant comme une féministe à sa manière, elle estime que les avancées législatives, bien que nécessaires, sont insuffisantes sans un profond changement des mentalités. Cet objectif, selon elle, passe avant tout par l’éducation des jeunes générations et une implication renouvelée des parents.

Alors qu’elle s’apprête à présenter son livre, son message se veut résolument optimiste. Elle affirme qu’après la tourmente, il est possible de se réapproprier le droit à la joie et à l’amour, des sentiments qu’elle dit aujourd’hui retrouver. Pour Gisèle Pelicot, une existence sans affection équivaut à une vie privée de lumière, une perspective contre laquelle elle continue de se battre, pour elle-même et pour les autres.

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