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Gaza, l’aide humanitaire prise en étau à la frontière égyptienne

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Des centaines de camions chargés de denrées vitales restent immobilisés au poste-frontière de Rafah, tandis que les organisations internationales dénoncent un processus d’acheminement entravé par des restrictions israéliennes jugées arbitraires.

Une file ininterrompue de poids lourds stationne dans l’attente sous le soleil brûlant du désert du Sinaï. Ces véhicules transportent farine, médicaments et matériel médical destinés à la population de Gaza, mais leur progression vers le territoire palestinien reste soumise à un processus de contrôle long et imprévisible. Les conducteurs, pour certains bloqués depuis près de deux semaines, relatent des procédures opaques où seule une infime fraction des convois reçoit quotidiennement l’autorisation de poursuivre sa route.

Les inspections israéliennes, menées principalement au passage de Kerem Shalom, déterminent le sort des cargaisons. Les refus d’accès, fréquents, s’appuient sur des critères qualifiés d’excessifs par les travailleurs humanitaires présents sur place. Des matériaux métalliques, des équipements médicaux spécialisés ou même des défauts d’emballage sont invoqués pour justifier le renvoi de camions entiers. Cette situation persiste malgré les alertes répétées des agences onusiennes sur les risques de famine et l’effondrement des systèmes de santé.

Dans les entrepôts égyptiens, l’accumulation de marchandises périmées ou inutilisables illustre l’absurdité bureaucratique dénoncée par les organisations non gouvernementales. Des générateurs, des fauteuils roulants et des bouteilles d’oxygène y demeurent inaccessibles bien qu’indispensables à la survie des civils. Les produits réfrigérés, notamment les médicaments comme l’insuline, posent un défi particulier en l’absence d’autorisation pour les conteneurs adaptés.

Le flux effectivement acheminé représenterait moins du tiers des besoins quotidiens estimés par les Nations Unies. Cette distorsion entre les déclarations officielles et la réalité observable sur le terrain alimente les critiques quant à l’existence d’un strangulation délibéré de l’aide humanitaire. Les conséquences sanitaires sont déjà tangibles, avec des reports d’opérations et des risques d’amputations faute de matériel chirurgical autorisé à transiter.

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