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Fluopyram dans l’eau potable du Nord de la France, une ONG tire la sonnette d’alarme

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Une association environnementale révèle la présence persistante d’un fongicide agricole dans les réseaux d’eau de plusieurs communes. Les autorités sanitaires assurent de l’absence de risque immédiat tout en promettant des actions correctives.

L’organisation non gouvernementale Générations Futures a rendu publiques des données pointant des concentrations supérieures aux normes de qualité d’un fongicide, le fluopyram, dans l’eau distribuée au robinet. Ces mesures, effectuées sur plus d’une année, concerneraient plusieurs dizaines de milliers d’habitants répartis sur des communes du Pas-de-Calais et du Nord. Selon l’association, la teneur relevée dépasse le seuil réglementaire de 0,1 microgramme par litre dans plusieurs unités de distribution.

Les autorités sanitaires régionales confirment la détection de traces de cette substance dans l’eau de vingt-six communes. Elles précisent néanmoins que la consommation de cette eau ne présente pas de danger pour la santé dans l’immédiat, aucun seuil de toxicité aiguë n’ayant été établi pour ce composé. L’Agence régionale de santé indique avoir engagé des discussions avec les gestionnaires des réseaux concernés pour identifier et appliquer des solutions techniques. Elle n’exclut pas, le cas échéant, de prendre des mesures restrictives.

Le fluopyram, employé pour protéger diverses cultures contre les maladies fongiques, appartient à la famille chimique des substances per- et polyfluoroalkylées. Sa dégradation lente dans l’environnement en fait un polluant dit persistant. L’ONG demande en conséquence une réévaluation des autorisations de mise sur le marché des produits qui en contiennent, dénonçant un usage agricole intensif et une protection jugée insuffisante des ressources en eau.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire a été saisie par la Direction générale de la santé pour établir une valeur guide de qualité spécifique à ce pesticide, visant une exposition à long terme. En attendant, la réglementation actuelle fixe un seuil de vigilance, récemment révisé à la hausse par le Haut Conseil de la santé publique, que les concentrations mesurées excèdent localement selon les chiffres de l’association.

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