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Feux, ouragans, crues: le changement climatique en filigrane de l’élection américaine

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Après plusieurs années d’événements météorologiques extrêmes, dont les énormes feux de forêts dans l’Ouest américain cette semaine, le changement climatique s’est pour la première fois imposé comme un grand thème de l’élection présidentielle aux Etats-Unis, sauf pour les républicains.

Dans une année électorale bouleversée par la pandémie, le racisme, la délinquance et la police –les sujets qui dominent l’actualité– des experts de l’opinion publique arguent que les questions de transition écologique et d’économie verte sont devenues, doucement mais sûrement, des priorités pour un nombre record d’Américains, en particulier à gauche de l’échiquier politique, au parti démocrate.

« Le changement climatique n’avait jamais été auparavant l’un des sujets majeurs pour la base d’un des deux grands partis politique », dit Anthony Leiserowitz, chercheur à l’université Yale qui mène depuis 2008 des enquêtes d’opinion sur le changement climatique.

Il rappelle que tous les candidats aux primaires démocrates, des plus à gauche aux plus modérés, étaient en faveur d’un retour des Etats-Unis dans l’accord de Paris sur le climat. Quand il l’a emporté, Joe Biden, plutôt centriste, a adopté un programme climat qui aurait paru radical cinq ans plus tôt, avec en clé de voûte la neutralité carbone en 2050.

La tendance concerne aussi, dans une moindre mesure, la moitié d’électeurs qui se définissent comme indépendants, explique Anthony Leiserowitz à l’AFP.

Chez les républicains, le déni climatique qui dominait dans la dernière décennie s’est estompé face à l’évidence: les records de chaleur, la fréquence croissante des ouragans majeurs, les incendies favorisés par les longues canicules, les crues records, qui touchent autant les régions bleues (démocrates) que rouges (républicaines). De terribles ouragans en 2017 et 2018 ont traumatisé tout le Sud-Est du pays, dont le Texas, la Louisiane et la Floride.

A la place persiste un argument économique et culturel: le refus d’une décarbonisation de l’économie perçue comme synonyme de perte de compétitivité, et la peur de perdre un mode de vie avec voitures 4×4 et climatisation.

Le président Donald Trump ne parle plus lui-même depuis longtemps de « canular ». Lorsqu’il a visité récemment la Louisiane, dévastée par un ouragan, il a demandé à des responsables locaux si ces tempêtes semblaient se multiplier… sans pour autant évoquer le lien avec le changement climatique.

Le dirigeant bifurque en général sur l’environnement et la protection d’un air et d’eaux « propres ». Il vient aussi d’étendre un moratoire sur les forages pétroliers dans l’Atlantique au large de plusieurs Etats gouvernés par des républicains, dont la Floride, qui s’y opposaient pour protéger leurs plages et le tourisme.

Bien que, comme le dit le sénateur démocrate Tom Udall à l’AFP, son administration ait « le pire bilan environnemental de l’histoire », avec quantité de normes anti-pollution abrogées ou assouplies depuis 2017.

Minorité active

Le professeur de science politique Jon Krosnick, à l’université Stanford, mène depuis 1999 des enquêtes d’opinion et montre que les Américains sont, en fait, relativement constants depuis le début du siècle sur la réalité et l’importance du réchauffement de la planète.

Ce qui a changé, argue-t-il, est la proportion d’Américains qui votent pour un candidat en fonction de son programme sur le changement climatique. Cette proportion, selon son dernier rapport publié en août, est de 25%, du jamais vu — seul l’avortement rassemble plus de gens, avec 31% des électeurs.

« Une personne sur quatre dans la rue est très, très, très impliquée sur cette question, c’est extraordinaire », dit Jon Krosnick à l’AFP.

Mais Joe Biden « ne gagnera pas l’élection avec ce groupe d’électeurs, car ce n’est que 25% », poursuit-il. Cela explique que le démocrate n’en fasse pas le message dominant de sa campagne.

Pour construire une coalition gagnante, M. Biden doit cibler les autres sous-groupes d’électeurs.

Quant à Donald Trump, il n’a pas intérêt à parler de son scepticisme, car cela ne ferait que motiver encore plus les électeurs passionnés par le climat, analyse Jon Krosnick. Dont acte: le président fait campagne sur les thèmes de l’insécurité et de l’économie.

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Européennes : Débat tendu entre Gabriel Attal et Jordan Bardella à deux semaines des élections

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Européennes : Débat tendu entre Gabriel Attal et Jordan Bardella à deux semaines des élections

Le Premier ministre Gabriel Attal et le président du RN, Jordan Bardella, se sont affrontés lors d’un débat animé sur France 2, illustrant les profondes divergences politiques entre leurs camps respectifs.

Jeudi soir, le Premier ministre Gabriel Attal et le président du Rassemblement National (RN), Jordan Bardella, se sont affrontés lors d’un débat en prime time sur France 2. À deux semaines des élections européennes, ce face-à-face a été marqué par des échanges vifs et des divergences claires sur des sujets clés tels que l’Europe, l’immigration et l’environnement.

Pendant environ 1h20, les deux jeunes leaders politiques, Gabriel Attal, 35 ans, et Jordan Bardella, 28 ans, ont débattu avec passion. Le Premier ministre n’a pas manqué de critiquer les revirements du RN sur des questions fondamentales comme l’Europe et l’euro : « Je ne suis pas comme vous, moi, à changer d’avis sur tout. À ne pas assumer des déclarations passées, » a-t-il lancé à Bardella.

En réponse, Bardella a attaqué le bilan du gouvernement, en déclarant : « Qu’il y ait des questionnements sur le projet que nous portons pour le pays que nous voulons mettre en œuvre, c’est un fait. En revanche, il n’y a pas de doute sur le bilan qui est le vôtre. »

Le débat a révélé des lignes de fracture profondes sur des sujets tels que le marché unique, les droits de douane, les véhicules électriques, l’immigration et la défense. Un des échanges les plus tendus a concerné les liens du RN avec la Russie. Gabriel Attal a accusé le parti de Le Pen de compromettre l’Europe : « Votre parti, celui de Mme Le Pen et de Jean-Marie Le Pen, avait besoin d’argent. La Russie avait besoin d’un parti en Europe pour justement affaiblir l’Europe de l’intérieur, » a-t-il déclaré.

Jordan Bardella a répliqué en dénonçant des attaques « sous la ceinture » de la part du Premier ministre.

Sur le thème de l’immigration, Attal a critiqué la présentation du RN qui, selon lui, stigmatise les étrangers : « Avec la présentation que vous faites du sujet, on a le sentiment en vous écoutant que derrière chaque étranger, chaque immigré, il y a un délinquant et un terroriste en puissance. »

Bardella a rétorqué en affirmant que la criminalité est liée à une mauvaise gestion des flux migratoires.

Les positions opposées sur l’environnement ont également été mises en lumière, avec Bardella critiquant les « ambitions environnementales irréalistes » du gouvernement, notamment l’interdiction des véhicules thermiques en 2035. Attal a défendu cette mesure, soulignant la nécessité de réduire la dépendance au pétrole et de lutter contre la pollution.

Le débat, diffusé également sur les chaînes YouTube Hugodecrypte et « C quoi l’info ? » de France Télévisions, visait à capter une audience plus jeune.

La tenue de ce débat à deux a suscité des critiques de la part des autres partis politiques. Le premier secrétaire du PS Olivier Faure et le président des Républicains (LR) Eric Ciotti ont exprimé leur mécontentement auprès de l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, demandant une égalité de traitement pour tous les partis.

Ce débat a illustré l’importance des prochaines élections européennes et les enjeux politiques majeurs qui en découlent, avec un RN en position de favori selon les sondages.

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Iran : Des milliers de personnes rendent hommage au président Ebrahim Raïssi à Birjand

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Iran : Des milliers de personnes rendent hommage au président Ebrahim Raïssi à Birjand

Des milliers de personnes ont défilé à Birjand pour les cérémonies funéraires d’Ebrahim Raïssi, décédé dans un accident d’hélicoptère, avant son inhumation dans sa ville natale.

Jeudi, des milliers de personnes se sont rassemblées à Birjand, dans l’est de l’Iran, pour rendre un dernier hommage au président Ebrahim Raïssi, décédé dans un crash d’hélicoptère. L’ancien président, également ayatollah, sera inhumé dans le principal mausolée chiite du pays, celui de l’imam Reza, à Mashhad, un lieu de pèlerinage pour des millions de fidèles.

Raïssi, qui dirigeait l’Iran depuis 2021, est mort à 63 ans lorsque l’hélicoptère le transportant s’est écrasé alors qu’il se rendait à Tabriz après l’inauguration d’un barrage à la frontière avec l’Azerbaïdjan. Sept autres personnes, dont le ministre des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian, ont également péri dans l’accident.

À Mashhad, la ville natale de Raïssi, des portraits géants du défunt président et des drapeaux noirs ont été installés, notamment autour du sanctuaire de Reza. Mercredi, une immense foule s’était déjà rassemblée à Téhéran pour honorer la mémoire du président, célébré comme un « martyr ».

Le jour des funérailles a été déclaré férié, et les cérémonies ont commencé par une prière dirigée par le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Raïssi doit être enterré jeudi dans le sanctuaire de Shah Abdolazim, au sud de Téhéran.

Ces funérailles rappellent les grands rassemblements de la République islamique, comme celui qui a suivi la mort du général Qassem Soleimani en 2020. Les quotidiens conservateurs ont salué des « adieux épiques » pour Raïssi, tandis que les journaux réformateurs ont opté pour des titres plus sobres.

Des dirigeants de pays du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et d’Asie, y compris l’émir du Qatar, ont assisté à une cérémonie d’hommage. Le président tunisien, Kaïs Saïed, a été reçu par l’ayatollah Khamenei, marquant la première visite d’un dirigeant tunisien en Iran depuis la révolution. Aucun pays de l’Union européenne n’était représenté, reflétant les tensions persistantes entre l’Iran et les pays occidentaux.

Les autorités iraniennes préparent désormais l’élection présidentielle prévue le 28 juin. Le président par intérim, Mohammad Mokhber, 68 ans, est chargé de superviser le processus. Aucune personnalité politique n’a encore déclaré sa candidature, mais le dépôt des candidatures s’ouvrira le 30 mai, suivi de la campagne électorale à partir du 12 juin.

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Madrid : L’Espagne, l’Irlande et la Norvège reconnaissent ensemble la Palestine comme État

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Madrid : L'Espagne, l'Irlande et la Norvège reconnaissent ensemble la Palestine comme État

En dépit des avertissements d’Israël, l’Espagne, l’Irlande et la Norvège ont décidé de reconnaître l’État palestinien, une démarche conjointe qui suscite des réactions vives.

Mercredi 22 mai, les gouvernements d’Espagne, d’Irlande et de Norvège ont annoncé leur décision de reconnaître un État palestinien. Cette déclaration conjointe intervient après la visite du Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, à Oslo et Dublin en avril, où les trois chefs de gouvernement ont exprimé leur volonté de reconnaître la Palestine « en étroite coordination », selon Jonas Gahr Støre, le dirigeant norvégien.

« Aujourd’hui, l’Irlande, la Norvège et l’Espagne annoncent que nous reconnaissons l’État de Palestine », a déclaré Simon Harris, le Premier ministre irlandais, qualifiant ce jour d' »historique et important pour l’Irlande et pour la Palestine ». Jonas Gahr Støre a précisé que cette reconnaissance deviendra effective le 28 mai et a lancé un « appel fort » à d’autres pays pour qu’ils emboîtent le pas. Selon l’Autorité palestinienne, 142 des 193 États membres de l’ONU reconnaissent désormais l’État palestinien.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a justifié cette décision en accusant Benyamin Nétanyahou de mettre « en danger » la solution à deux États avec sa politique de « douleur et de destruction » à Gaza.

En réponse, le ministère israélien des Affaires étrangères, dirigé par Israël Katz, a annoncé le rappel « pour consultations » de ses ambassadeurs en Irlande et en Norvège. « Aujourd’hui, j’envoie un message clair à l’Irlande et à la Norvège : Israël ne restera pas silencieux sur cette question », a déclaré Katz. Il a dénoncé cette reconnaissance comme un message selon lequel « le terrorisme paie », accusant ces pays de récompenser le Hamas et l’Iran après les attaques contre les Juifs le 7 octobre.

Katz a qualifié cette démarche de « tordue », affirmant qu’elle portait « atteinte au droit d’Israël à l’autodéfense » et constituait une « injustice envers la mémoire des victimes du 7 octobre ».

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