Monde
Exode forcé : des Pakistanais témoignent des frappes israéliennes en Iran

Des rescapés évoquent des scènes de panique et des nuits traumatisantes sous les bombardements, avant de regagner leur pays en catastrophe.
De retour au Pakistan après des semaines de terreur en Iran, des ressortissants partagent leur expérience cauchemardesque. Mohammad Hassan, doctorant à l’Université de Téhéran, décrit des nuits hantées par les sirènes d’alerte et le sifflement des missiles. « Les explosions éclairaient le ciel, et les impacts secouaient les bâtiments. Des étudiants ont été blessés, mais le pire a été évité de justesse », confie-t-il, encore marqué par l’épreuve.
Comme lui, des milliers de Pakistanais – étudiants, pèlerins ou hommes d’affaires – ont fui en urgence. Mohammad Khalil, ingénieur, raconte une capitale iranienne paralysée : « Les rues étaient désertes, les gens emballaient à la hâte ce qu’ils pouvaient emporter. » La frontière de Taftan, habituellement fréquentée pour le commerce ou les études, est devenue un point de passage vital pour ces évacués épuisés.
Les récits se recoupent : réseaux de communication perturbés, routes encombrées de véhicules fuyant les zones ciblées, et surtout, cette peur viscérale face aux frappes aériennes. Abdul Ghani Khan, commerçant présent à Téhéran lors des premiers bombardements, se souvient d’un immeuble en flammes et du ballet des drones dans le ciel. « Personne ne s’attendait à une telle escalade », murmure-t-il.
Parmi les évacués, des pèlerins comme Samreen Ali, qui a interrompu son voyage à Machhad après les frappes sur l’aéroport. « Les Iraniens gardaient leur calme, mais quand les explosions ont retenti près de la mosquée, nous avons compris qu’il fallait partir », explique-t-elle. Son retour, tout comme celui de Syed Saqib, a été un parcours du combattant : bus surchargés, attentes interminables dans les gares, et finalement, le soulagement de franchir la frontière.
Ces témoignages illustrent l’impact humain d’un conflit qui dépasse les frontières, contraignant des civils à abandonner études, affaires ou dévotion pour sauver leur vie. Alors que les tensions régionales persistent, le Pakistan, allié à la fois de l’Occident et voisin de l’Iran, se retrouve dans une position délicate, tandis que ses ressortissants tentent de panser les plaies d’une guerre qui n’était pas la leur.

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