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Deuil et colère en Cisjordanie après la mort violente de deux jeunes Palestiniens

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La communauté d’Al-Mazra’ah ash Sharqiyah enterre deux victimes de violences attribuées à des colons israéliens, dans un climat de tension exacerbée.

Sous un soleil accablant, des centaines d’habitants se sont rassemblés dimanche dans les rues d’un village cisjordanien pour rendre un dernier hommage à deux jeunes hommes tués lors d’affrontements. Les corps de Seif Musallet, 20 ans, détenteur de la double nationalité américano-palestinienne, et de Mohammed al-Shalabi, 23 ans, ont été portés en procession à travers le bourg, enveloppés dans des linceuls ornés du drapeau palestinien.

La cérémonie a pris des allures de manifestation, mêlant chants patriotiques et cris de douleur. Les proches des défunts dénoncent une escalade des violences perpétrées par des colons israéliens, avec la complicité supposée de l’armée. Selon les témoignages recueillis sur place, Seif Musallet aurait succombé après avoir été roué de coups par des assaillants qui auraient ensuite entravé l’intervention des secours.

Originaire de Floride où il dirigeait une entreprise, le jeune homme était revenu passer l’été en terre familiale. Son portrait, exposé devant la maison parentale, le montrait souriant devant le Dôme du Rocher, symbole des aspirations nationales palestiniennes. « Ils nous traitent comme des animaux », a lancé son père, Kamil Hafez Musallet, exigeant des poursuites contre les responsables de ce qu’il qualifie d' »acte terroriste ».

Le drame s’inscrit dans un contexte de tensions record en Cisjordanie depuis le déclenchement du conflit à Gaza. Les statistiques officielles font état de près d’un millier de morts palestiniens dans ce territoire, tandis que les attaques contre des civils israéliens se multiplient. Mohammed al-Shalabi, la seconde victime enterrée ce jour-là, avait lui-même perdu la vie dans des circonstances troubles quelques mois plus tôt.

Devant la mosquée du village, les orateurs ont fustigé l’inaction de la communauté internationale. « Comment espérer justice quand ceux qui doivent la rendre nous considèrent comme des ennemis ? », a interrogé Samer al-Shalabi, oncle du défunt. Les prières funèbres se sont achevées dans une ambiance électrique, tandis que des adolescents scandaient des slogans contre l’occupation.

Cette double tragédie met en lumière le sort des communautés palestiniennes exposées aux violences des colonies voisines. Al-Mazra’ah ash Sharqiyah, peuplée en partie par des migrants revenus des États-Unis, cristallise ces tensions avec ses propriétés cossues dressées face aux avant-postes israéliens. Les appels à une protection internationale restent pour l’heure sans réponse, laissant présager de nouvelles confrontations.

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