Culture
Des podiums parisiens aux rues de Juba, l’ascension improbable des mannequins sud-soudanais
Dans un pays marqué par une extrême pauvreté et une instabilité persistante, une nouvelle génération de talents défie les pronostics. Leurs silhouettes graciles, repérées par les plus grandes maisons de mode, incarnent un rêve d’évasion et de reconnaissance internationale.
Sur le toit d’un bâtiment de la capitale sud-soudanaise, une vingtaine de jeunes gens s’exercent avec une concentration absolue. Leur démarche, encore hésitante, cherche à épouser le rythme exigeant des défilés occidentaux. Cette scène surprenante à Juba symbolise une réalité nouvelle. Le Soudan du Sud, État fragile et en proie à de vives tensions internes, est devenu un vivier inattendu pour l’industrie mondiale de la mode.
L’an dernier, le sourire d’Awar Odhiang a illuminé la passerelle de Chanel à Paris. Née dans un camp de réfugiés, elle a clos le défilé sous les flashs des photographes. Sa trajectoire n’est pas isolée. La liste des cinquante modèles les plus influents du moment en compte neuf originaires du Soudan du Sud. Cette visibilité contraste violemment avec les conditions de vie dans leur pays d’origine, où la grande majorité de la population survit sous le seuil de pauvreté et où des combats sporadiques font planer la menace d’un conflit généralisé.
Cette percée trouve ses racines dans le parcours de pionnières comme Alek Wek, dont la carrière internationale a ouvert une voie dans les années 1990. Aujourd’hui, des agences locales, telles que Jubalicious à Juba, identifient et forment ces jeunes espoirs. La directrice de l’agence explique cet engouement des créateurs par la recherche d’une esthétique spécifique, caractérisée par une peau très foncée et une stature élancée, attributs fréquents dans la région.
L’ambition de ces jeunes dépasse largement le cadre professionnel. Pour beaucoup, le mannequinat représente un sésame, une chance unique de quitter un environnement sans perspective. Certains ont même quitté une relative stabilité dans des pays voisins pour se confronter aux difficultés de Juba, acceptant des emplois précaires pour financer leur rêve. Leur motivation est portée par un désir de représentation et de fierté nationale.
Le chemin vers les capitales de la mode reste cependant semé d’obstacles. Les refus de visa se multiplient, privant certains modèles de participations cruciales à des événements comme la Fashion Week de Milan. Ces déconvenues administratives n’étouffent pas pour autant l’espoir. Les aspirants modèles, à l’image de Yar Agou ou Bichar Hoah, cultivent une résilience remarquable. Ils voient dans leur succès potentiel une manière de redessiner l’image de leur nation aux yeux du monde.
Leur philosophie rejoint celle exprimée par Anyier Anei, autre figure emblématique passée des défilés au cinéma. Elle résume cet état d’esprit en affirmant que la peur de l’échec ne doit jamais surpasser le courage de poursuivre ce qui donne un sens à l’existence. Dans les rues défoncées de Juba, entre deux exercices de posture, c’est cette même conviction qui guide chaque pas de ces jeunes gens vers une destinée qu’ils veulent extraordinaire.
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