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Des mairies défient l’État en hissant le drapeau palestinien

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Alors que la France reconnaît officiellement l’État de Palestine, près d’une centaine de municipalités ont pavoisé leurs frontons du drapeau palestinien, en dépit des instructions contraires du ministère de l’Intérieur. Cette initiative, portée par des élus de gauche, a immédiatement suscité une vive controverse juridique et politique.

Le mouvement a pris de l’ampleur tout au long de la journée de lundi. Des villes comme Lyon, Besançon, Saint-Denis ou Rennes ont hissé l’emblème palestinien aux côtés des drapeaux français et européen. Cette action collective intervient le jour même où la France a acté la reconnaissance d’un État palestinien. Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, a justifié ce geste en affirmant que l’absence d’État constituait un terreau favorable au terrorisme.

Le ministère de l’Intérieur avait pourtant adressé une circulaire aux préfets, leur enjoignant de faire respecter le principe de neutralité des services publics et d’éviter toute ingérence dans la politique étrangère de la nation. La place Beauvau a recensé en fin de journée au moins quatre-vingt-six communes ayant contrevenu à cette instruction. Plusieurs recours en justice ont été engagés, certaines municipalités se voyant notifier des astreintes financières ou des suspensions par le tribunal administratif.

À Paris, une dizaine d’élus, dont le candidat écologiste David Belliard, ont déployé le drapeau depuis l’hôtel de ville, contournant ainsi la position de la maire Anne Hidalgo. Celle-ci avait opté la veille pour une projection simultanée des drapeaux israélien et palestinien sur la tour Eiffel, une initiative qualifiée de consternante par La France insoumise. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, présent à Saint-Denis, a tenu à distinguer le drapeau national palestinien de l’étendard du Hamas.

La polémique dépasse le cadre des grandes villes. Des communes plus modestes, telles que Grabels, Carhaix ou Dives-sur-Mer, ont également participé à ce mouvement. Le maire de Grabels a déclaré que ce pavoisement symbolisait un appel à cesser les hostilités. En revanche, le maire de Marseille a choisi une autre forme de soutien en annonçant le jumelage de sa ville avec Bethléem.

Des professeurs de droit public rappellent que la jurisprudence est fluctuante sur ce sujet. Si l’affichage d’une opinion politique personnelle par un maire est généralement proscrit, la reconnaissance officielle de la Palestine par la France pourrait, selon certains juristes, modifier l’appréciation du devoir de neutralité. Cette séquence illustre une nouvelle fois les tensions entre l’exercice des libertés locales et le respect de la ligne diplomatique nationale.

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