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Des culturistes en terre cuite pour sauver un patrimoine indonésien

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À Jatiwangi, des ouvriers transforment leur savoir-faire ancestral en spectacle musclé pour redonner vie à une tradition menacée.

Sous les applaudissements d’un public conquis, des corps athlétiques se tendent, non pas sous le poids d’haltères, mais sous des empilements de tuiles artisanales. Cette scène insolite se déroule chaque année depuis une décennie dans la ville indonésienne de Jatiwangi, où un concours de culturisme revisité sert de tribune à un artisanat en péril.

L’événement, loin des compétitions internationales, célèbre le labeur des ouvriers locaux, dont les mains façonnent depuis 1905 ces tuiles d’argile caractéristiques. Illa Syukrillah Syarief, l’un des organisateurs, souligne l’urgence de l’initiative. La désaffection des jeunes pour ce métier exigeant et la concurrence industrielle ont érodé une activité autrefois florissante. « Nous ne défendons pas seulement un produit, mais une identité », insiste-t-il.

Sur scène, les participants, torse nu et huilé, enchaînent les figures avec une agilité déconcertante. Certains jonglent avec les tuiles entre leurs doigts, d’autres les maintiennent en équilibre sur leur bouche, le tout au rythme de musiques traditionnelles revisitées. Les juges, dont une observatrice étrangère, Alessa Cargnell, saluent l’originalité de ces performances mêlant force brute et tradition.

Si la récompense financière reste modeste – environ 79 euros pour les vainqueurs –, l’enjeu dépasse l’aspect compétitif. Il s’agit de rappeler que derrière chaque tuile se cache un héritage culturel. « Ces hommes ne portent pas que de la terre, ils portent l’histoire de toute une région », conclut Illa Syukrillah Syarief, déterminé à faire de cette matière première bien plus qu’une simple marchandise.

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