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Des clichés inédits du massacre de Kaisariani refont surface

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La Grèce se mobilise pour authentifier et récupérer douze photographies, potentiellement un témoignage visuel exceptionnel des exécutions du 1er mai 1944.

Le ministère hellénique de la Culture a engagé une procédure d’expertise concernant une série de douze photographies mises en vente sur une plateforme en ligne. Selon les premières analyses officielles, ces images pourraient constituer un document historique majeur, en capturant les ultimes instants de deux cents résistants communistes exécutés par les forces d’occupation nazies. Les faits se sont déroulés le 1er mai 1944 sur le stand de tir de Kaisariani, dans la banlieue d’Athènes.

Une équipe d’experts grecs doit se rendre prochainement à Gand, en Belgique, pour examiner physiquement les clichés et rencontrer le collectionneur qui les propose à la vente. Les autorités ont d’ores et déjà annoncé leur intention d’engager les démarches juridiques nécessaires en vue d’une restitution, si l’authenticité des documents est confirmée. Le Parti communiste grec (KKE) a pour sa part salué la découverte de ce qu’il qualifie de trésor inestimable, affirmant avoir procédé à une identification préliminaire d’au moins deux des hommes figurant sur les images.

Ces photographies, attribuées par le ministère à un journaliste de l’unité de propagande nazie, offriraient un témoignage visuel direct d’un événement profondément ancré dans la mémoire nationale. Jusqu’à présent, la connaissance de ce massacre reposait essentiellement sur des récits écrits, notamment des notes jetées par les condamnés depuis les camions qui les transportaient. Pour les historiens, la valeur de ces clichés réside dans leur capacité à corroborer ces récits et à documenter un chapitre sombre de l’occupation.

L’occupation de la Grèce par les forces de l’Axe, de 1941 à 1944, reste l’une des périodes les plus meurtrières de l’histoire européenne contemporaine. L’exécution de Kaisariani, perpétrée en représailles à des actions de la résistance, est commémorée chaque année. La possible réapparition de ces images ravive le débat sur le travail de mémoire et les réparations liées aux crimes de guerre, une question qui continue de marquer les relations entre Athènes et Berlin.

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