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Dans l’obscurité, le combat d’une femme pour maintenir son mari en vie

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Alors que les frappes russes privent régulièrement d’électricité le nord de l’Ukraine, une habitante de Tchernihiv veille jour et nuit sur son épou, atteint d’une maladie neurodégénérative et dépendant d’un respirateur artificiel. Son quotidien est rythmé par les coupures de courant.

À Tchernihiv, les coupures d’électricité, devenues monnaie courante, plongent régulièrement les foyers dans le froid et l’obscurité. Pour Olena Grygorenko, chaque interruption du réseau est une course contre la montre. Elle doit brancher au plus vite le respirateur de son mari, Anatoli Koutchynsky, sur des batteries de secours. Atteint d’une sclérose latérale amyotrophique, une pathologie incurable, l’homme est totalement paralysé et ne peut communiquer que par le regard. Sa survie dépend entièrement de l’appareil qui l’aide à respirer.

Les bombardements répétés des infrastructures énergétiques ukrainiennes ces dernières semaines ont considérablement aggravé la situation. Les délestages, qui peuvent durer jusqu’à neuf heures consécutives, compromettent la recharge des accumulateurs. Olena, âgée de 57 ans, consigne méticuleusement les horaires des coupures programmées. Elle a également pris ses dispositions avec un voisin dont le logement est épargné, afin de pouvoir recharger une batterie en cas d’urgence absolue.

L’appartement, situé au deuxième étage d’un immeuble de l’ère soviétique, est le théâtre d’une vigilance de chaque instant. À côté du lit médicalisé, un canapé sert de couche à Olena, qui se réveille plusieurs fois par nuit pour vérifier les équipements. Elle veille aussi à la conservation des médicaments et a stocké un important volume d’eau sur le balcon. Cette rigueur organisationnelle s’est forgée dans l’épreuve, notamment lors du siège de Tchernihiv au début de l’invasion, où l’autonomie du respirateur n’était que de deux heures.

Ancien membre des services de renseignement ukrainiens, Anatoli Koutchynsky a vu son diagnostic tomber en 2015. Le choc initial a cédé la place à une routine marquée par la résilience. Son épouse puise son énergie dans l’espoir de jours meilleurs. Elle maintient une vie sociale, sortant occasionnellement, et cultive l’idée d’une fête à venir, une fois la paix revenue. Leur médecin a même évoqué la possibilité d’une modeste célébration. En attendant, dans le ronronnement intermittent du respirateur, se joue un combat silencieux pour préserver, heure par heure, une fragile normalité.

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