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Dans les prisons philippines, une croix sur un tatouage pour renoncer à la violence

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Dans un sifflement digne d’une fraise de dentiste, le tatoueur recouvre d’une grossière croix noire le tatouage qui marque l’appartenance de ce détenu à un gang philippin. Une mesure plébiscitée par les autorités pour réduire la violence carcérale.

Dans les prisons surpeuplées de l’archipel, les batailles entre bandes rivales sont monnaie courante. Et l’appartenance à un gang -matérialisée par le tatouage de son symbole sur la peau- est de longue date un impératif pour les détenus, afin d’obtenir nourriture, médicaments, ou tout simplement une protection.

Les conditions de vie dans les centres de détention se sont un peu plus dégradées ces dernières années du fait de la « guerre contre la drogue » du président Rodrigo Duterte, qui s’est traduite par une nette augmentation de la population carcérale.

Les autorités veulent croire que recouvrir les tatouages appliqués par les gangs sur les détenus peut leur permettre d’échapper à l’impératif de loyauté à l’égard de ces bandes et leur éviter d’être entraînés dans les guerres de gang. L’idée est avant tout de compliquer la donne pour les caïds cherchant à mobiliser leurs troupes.

« Les détenus rejoignent les gangs pour la sécurité », observe Gabriel Chaclag, porte-parole de l’administration pénitentiaire, en assurant que la campagne qui a débuté en octobre pour pousser les détenus à se débarrasser de la marque des bandes se fait sur la base du volontariat.

« Mais rallier un gang n’apporte pas que des bonnes choses car vous vous devenez une cible pour les bandes rivales. »

28.000 détenus pour 6.000 places

Dans la prison de New Bilibid de Manille, la plus grande du pays avec plus de 28.000 détenus pour 6.000 places, l’immense majorité des prisonniers appartient à un gang.

Assis sur des chaises en plastique, torse nu avec un masque chirurgical sur le visage, des prisonniers attendent qu’un de leurs codétenus passé maître dans l’art du tatouage trace une épaisse croix noire sur la marque symbolisant leur gang.

« Appartenir à un gang signifie que vous êtes tenus d’aider les autres membres s’ils sont pris dans une bagarre. Ce ne sera plus le cas », dit Mark, un détenu condamné pour meurtre, en refusant que sa véritable identité soit citée.

Il a rejoint à son arrivée en prison ily a un an le gang Batang Mindanao (les Enfants de Mindanao).

« Désormais, ce sera la fraternité, nous sommes tous des frères », dit-il après que le tatouage sur son dos soit masqué, ce qui fait de lui un « querna », ou détenu non affilié à un gang.

Un autre prisonnier confie à l’AFP qu’il est convaincu que sa vie sera « certainement meilleure » hors du gang.

Les autorités reconnaissent que ce programme ne permettra pas de tourner du jour au lendemain la page des violences. Par le passé, des efforts pour limiter les bagarres, comme un « accord de paix » entre les gangs, n’ont eu qu’un résultat limité.

Preuve en est, au moins 13 personnes sont mortes et des dizaines ont été blessées récemment lors d’un affrontement de grande ampleur entre bandes rivales à Bilibid.

Renoncement de l’Etat

« On ne peut pas éradiquer la violence du jour au lendemain, ni la culture des gangs, alors on y va lentement, progressivement », explique M. Chaclag.

Lex Ledesma, un psychologue qui a écrit un livre sur les gangs de Bilibid, sait qu’éradiquer la violence ne se fera pas en recouvrant seulement les tatouages. Car les gangs se sont imposés dans le vide du pouvoir laissé par les autorités, dont la présence dans les prisons est notoirement insuffisante.

Ces bandes jouent aussi un rôle social pour des prisonniers qui sont pour certains coupés du monde extérieur.

« Pour des détenus oubliés par leurs proches dans la prison, les gangs sont comme une famille car ils sont les seuls à s’occuper d’eux », explique M. Ledesma, qui intervient à Bilibid depuis 10 ans, et déplore les renoncements de l’Etat dans les prisons.

« Le plus grand problème, ici, est l’absence de volonté des autorités de permettre la réinsertion des détenus, une carence qui existait déjà avant Duterte », dit-il.

« Quand vous devenez un prisonnier, c’est comme si vous n’étiez plus que la moitié d’un homme, comme si vous n’étiez plus un être humain à part entière. »

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Monde

Gaza : Troisième véto américain au Conseil de sécurité sur un « cessez-le-feu immédiat »

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Gaza : Troisième véto américain au Conseil de sécurité sur un "cessez-le-feu immédiat"

Les États-Unis ont opposé leur veto mardi à un projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU exigeant un cessez-le-feu « immédiat » à Gaza. Il s’agit de leur troisième veto depuis le début de la guerre entre leur allié israélien et le Hamas.

Malgré la pression internationale pour atténuer leur soutien à Israël, les Etats-Unis ont de nouveau empêché ce mardi le Conseil de sécurité de l’ONU d’exiger un cessez-le-feu « immédiat » à Gaza, faisant circuler un texte alternatif sur une éventuelle trêve sous conditions.

Le projet de résolution, qui exigeait « un cessez-le-feu humanitaire immédiat qui doit être respecté par toutes les parties », a recueilli 13 voix pour, une abstention (Royaume-Uni) et une contre, le troisième veto américain depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas. L’ambassadeur palestinien à l’ONU a fustigé le veto « irresponsable et dangereux » des Etats-Unis.

Présenté par l’Algérie après plus de trois semaines de discussions, le texte s’opposait aussi au « déplacement forcé de la population civile palestinienne », alors qu’Israël a évoqué une évacuation des civils avant une offensive terrestre à Rafah où s’entassent 1,4 million de personnes dans le sud de la bande de Gaza.

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Europe

Une visite médicale obligatoire tous les 15 ans pour conserver son permis de conduire

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Permis de Conduire : bientôt une visite médicale obligatoire pour conserver son permis

Les États membres de l’Union européenne vont prochainement s’exprimer sur un projet de loi qui vise à instaurer une visite médicale pour délivrer ou renouveler le permis de conduire.

Un projet de loi débattu prochainement au Parlement européen pourrait changer les règles pour les automobilistes européens. Il prévoit une visite médicale obligatoire tous les quinze ans pour conserver son permis de conduire. Cette mesure, soutenue par la commission des Transports de l’instance européenne, vise à réduire de moitié le nombre de décès sur les routes d’ici 2030, dans une perspective ultime d’atteindre zéro mort d’ici 2050.

L’examen médical comprendrait un contrôle de la vue, tandis que les autres tests requis seraient définis par chaque État membre. Bien que cette proposition suscite des débats, elle s’inspire de pratiques déjà en vigueur dans certains pays européens, où des contrôles médicaux sont effectués à des intervalles réguliers pour les conducteurs âgés.

Si cette mesure est adoptée, elle ne serait pas mise en œuvre avant 2027. Son objectif principal est de garantir que les conducteurs restent aptes à conduire tout au long de leur vie, contribuant ainsi à la sécurité routière et à la réduction du nombre de victimes sur les routes de l’Union européenne.

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France

Des médecins cubains pour sauver les urgences et la maternité de Guingamp

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Cuba a accepté d’envoyer des médecins en renfort dans les hôpitaux de Guingamp (Bretagne), où les services sont en difficulté.

Alors que l’hôpital de Guingamp rencontre des difficultés, des élus et membres hospitaliers locaux souhaitent faire venir des médecins cubains pour sauver les urgences et la maternité.

Vendredi dernier, les défenseurs de l’hôpital de Guingamp ont rencontré l’ambassadeur de Cuba, Otto Vaillant, dans l’espoir de trouver une solution à la crise sanitaire qui frappe la région. Au cœur des discussions : la possibilité d’accueillir des médecins cubains pour pallier le manque criant de professionnels de santé.

L’initiative, portée par l’agglomération de Guingamp-Paimpol, pourrait offrir un sursis à la maternité de Guingamp, menacée de fermeture depuis plusieurs années. Si la venue de médecins cubains se concrétise, elle constituerait un renfort transitoire vital pour maintenir ouverts les services d’urgence dans une région où l’accès aux soins est de plus en plus difficile.

La mobilisation en faveur de cette solution témoigne des défis auxquels est confronté l’hôpital public en France, en particulier dans les zones rurales. Les débats autour de cette proposition soulèvent également des questions cruciales, notamment sur les conditions de travail et les modalités de rémunération des médecins cubains.

Que cette initiative se matérialise ou non, elle a le mérite de mettre en lumière les difficultés rencontrées par l’hôpital public et de susciter un débat sur les solutions envisageables pour garantir l’accès aux soins pour tous.

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